25 novembre 2016

Tout s’explique

La santé au cœur du dernier débat de la primaire de la droite

Comment les deux candidats entendent-ils préserver le modèle de protection sociale ?

Absente lors des premiers débats de la primaire de la droite, la santé a tenu une place importante hier soir lors du dernier affrontement entre Alain Juppé et François Fillon. Elle est l’un des points de divergence majeurs entre les deux candidats qui seront départagés dimanche lors du second tour de la primaire. François Fillon propose que les remboursements de l’Assurance maladie soient réservés aux affections graves et de longue durée. Il n’a pas précisé lesquelles. Les mutuelles ou les complémentaires santé, payantes, prendraient en charge le reste pour un coût plus élevé pour l’assuré. Alain Juppé ne veut pas toucher au système actuel, mais souhaite rééquilibrer les comptes de l’Assurance maladie en développant la chirurgie ambulatoire (sans nuit à l’hôpital) ou la télémédecine. Le budget de la Sécurité sociale prévoit un déficit de 2,6 milliards d’euros en 2017 pour la branche maladie.

Qu’est-ce que le numerus clausus ?

François Fillon s’est prononcé hier pour une hausse du numerus clausus afin d’augmenter le nombre de médecins. Cette expression désigne la limitation décidée par l’État du nombre de personnes admises chaque année au concours d’entrée de médecine (passage en deuxième année d’études). Il explique en grande partie pourquoi les trois quarts des candidats sont recalés. François Fillon n’a pas dit dans quelle proportion il fallait l’augmenter. Quelques heures plus tôt, la ministre de la Santé Marisol Touraine avait annoncé 478 places supplémentaires dès le concours 2017. Elle a expliqué vouloir lutter contre les déserts médicaux. Dans l’Eure, par exemple, le gouvernement souligne qu’il n’y a que 180 médecins pour 100 000 habitants, contre 798 à Paris.

Quelles sont leurs solutions pour l’hôpital ?

À l’hôpital, comme dans la plupart des métiers de la fonction publique, François Fillon compte instaurer les 39 heures hebdomadaires, contre 35 heures actuellement, sans revalorisation salariale. Ce gain de productivité doit lui permettre de supprimer au total 500 000 postes de fonctionnaires en cinq ans. Alain Juppé est d’accord sur le principe de réduire le nombre de fonctionnaires, mais conteste la « brutalité » de cette proposition (il propose 200 000 fonctionnaires en moins). Selon lui, si la fonction hospitalière passe aux 39 heures, il faudra qu’elle soit payée 39 heures. Ce débat s’inscrit dans un contexte difficile pour les personnels soignants. Ils ont fait grève le 8 novembre pour dénoncer principalement l’intensification des rythmes et de la charge de travail.