25 novembre 2016

C'est leur avis

Les effets pervers du droit à l’oubli

Dans Le Monde, Jimmy Wales, le cofondateur de Wikipédia, et Emeric Vallespi, le président de la fondation française qui y est associée, critiquent l’application européenne du droit à l’oubli [€]. Celle-ci oblige les moteurs de recherche à traiter les demandes d’utilisateurs souhaitant que des pages anciennes susceptibles de leur nuire ne soient plus référencées.

« En dépit de ses bonnes intentions, ce cadre menace la protection d’un autre droit : le droit au souvenir. La possibilité de supprimer des faits peu flatteurs ou controversés, concernant la vie d’un homme ou d’une femme publics notamment, affecte l’interprétation et les souvenirs qu’en a le public. S’il n’est pas entouré des précautions nécessaires, le droit à l’oubli ouvre la voie à la correction sélective des bibliothèques, des archives de presse et même de ­Wikipédia, qui sont les éléments constitutifs de notre mémoire collective. » Jimmy Wales et Emeric Vallespi