29 novembre 2016

Tout s’explique

Fermeture du plus grand site de téléchargement illégal français

Qu’est-ce que Zone Téléchargement ?

La gendarmerie nationale a annoncé hier soir la fermeture de Zone Téléchargement, le plus grand site de piratage français. Sept personnes ont été interpellées et trois d’entre elles ont été placées en garde à vue. D’après Alexa, un site américain fournissant des statistiques sur le trafic du Web, Zone Téléchargement était le 11e site le plus consulté en France. La Sacem, un organisme de gestion des droits d’auteur, estime qu’il référence deux millions de liens de téléchargement direct. Le site gagne de l’argent en affichant des publicités, la plupart du temps à caractère pornographique. Le site est réapparu à la mi-journée, mais ses liens ne fonctionnaient pas.

Quelle est la situation du piratage ?

De nombreux sites ont été fermés sur décision de justice ces dernières années. C’est le cas d’Allostreaming, OMGTorrent ou Wawa-Mania, dont le créateur a été condamné en 2015 à un an de prison et 15,6 millions d’euros de dommages et intérêt. Malgré ces jugements, le téléchargement illégal reste difficile à endiguer. Un administrateur peut facilement contourner la loi en installant ses serveurs hors de France ou en redirigeant les internautes vers d’autres adresses. De nouvelles plateformes font régulièrement leur apparition. Selon l’Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle, qui défend les intérêts du cinéma, la consultation en France des sites litigieux proposant téléchargement ou streaming était en augmentation de 14 % entre 2012 et 2015, après avoir légèrement baissé entre 2010 et 2012.

Quel est le bilan de l’Hadopi ?

Créée en 2009, la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi) vise à lutter contre les partages de fichiers en infraction avec les droits d’auteur. Elle utilise la « riposte graduée » en envoyant des avertissements aux internautes avant de demander des sanctions à la justice. Le téléchargement illégal est passible d’une amende de 1 500 euros. Selon son dernier bilan présenté en juillet, l’Hadopi a transmis 1 050 dossiers à la justice depuis sa création. Son activité est en progression. En effet, 65 % des dossiers transmis à la justice l’ont été dans les 12 derniers mois. Le gouvernement a augmenté son budget de 42 % l’an dernier à 8,5 millions d’euros.