30 novembre 2016

Tout s'explique

Derniers jours de campagne pour le référendum italien

Que contient le texte ?

Les Italiens votent dimanche pour valider ou non une réforme de la Constitution. Celle-ci vise à instaurer plus de stabilité politique dans un pays où le Sénat a autant de pouvoirs que la Chambre des députés. Le texte prévoit de réduire certaines prérogatives du Sénat en lui enlevant notamment la capacité de voter la confiance au gouvernement (et donc de le démettre). Le projet fait également passer le nombre de sénateurs de 315 à 100. Le président du Conseil italien Matteo Renzi avait promis cette réforme en arrivant au pouvoir en février 2014. Le vote de ce texte au Sénat fin 2015 constitue l’une de ses plus grandes victoires politiques.

Pourquoi la vie politique italienne est-elle si instable ?

Le système en vigueur depuis 1948 a été conçu pour éviter qu’une seule personne comme Benito Mussolini (à la tête du pays entre 1922 et 1943) concentre trop de pouvoir. Depuis, l’Italie a connu 63 gouvernements en 68 ans. Les petites formations font et défont les majorités. De nombreuses personnalités politiques ont admis lors des dernières élections législatives et sénatoriales de février 2013 qu’il était urgent de réformer le système. Malgré sa large victoire à la Chambre des députés, le Parti démocrate de Pier Luigi Bersani avait échoué à former un gouvernement faute d’une majorité stable pour le soutenir au Sénat. Un gouvernement d’union nationale avait alors été nommé, mais n’avait duré que dix mois.

Renzi se maintiendra-t-il au pouvoir en cas de défaite ?

Matteo Renzi a plusieurs fois annoncé qu’il démissionnerait en cas de victoire du « non » au référendum. Cependant, en août, il affirmait ne pas vouloir lier son sort au résultat du scrutin « pour éviter une personnification du débat ». La Constitution italienne ne l’obligerait pas à démissionner en cas d’échec. Mais se poserait la question de sa légitimité pour continuer sa politique. La décision finale reviendrait alors au président de la République. Celui-ci peut demander à Matteo Renzi d’aller au bout de son mandat (2018), de rester en poste jusqu’à l’organisation de nouvelles élections anticipées ou bien de quitter le pouvoir immédiatement. Principal opposant, le Mouvement 5 étoiles dirigé par Beppe Grillo milite pour le « non » et espère des élections anticipées.