2 décembre 2016

Tout s’explique

Le bilan de François Hollande

Ses principaux engagements ont-ils été tenus ?

François Hollande a annoncé hier soir son intention de ne pas briguer un second mandat de président de la République. « Je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d’elle », a-t-il expliqué. Le chef de l’État a défendu son bilan : l’accord sur le climat signé l’an dernier, les moyens supplémentaires alloués à l’éducation nationale et l’ouverture du mariage aux couples homosexuels. Il ne peut en revanche capitaliser sur « l’inversion de la courbe du chômage » qu’il avait promise pour la fin 2013 et qui ne s’esquisse que cette année. Plusieurs réformes annoncées n’ont pas été conduites, comme le vote des étrangers aux élections locales ou la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim. La réduction du déficit public a été bien plus lente que prévu.

Quelles mesures ont pu surprendre ses électeurs ?

Le quinquennat de François Hollande a été marqué par plusieurs mesures éloignées de ses promesses de campagne. La première d’entre elles est le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), annoncé fin 2012, cumulant 27 milliards d’euros de baisses d’impôts pour les entreprises jusqu’à début 2016. Ce dispositif a été accompagné d’un relèvement des taux de TVA normal et intermédiaire. En 2014, le CICE a été intégré dans un « pacte de responsabilité » matérialisé par une baisse des charges de 10 milliards d’euros pour les entreprises. Le président a ensuite perdu le soutien d’une partie de sa majorité en présentant la loi Macron, libéralisant plusieurs secteurs de l’économie, et la loi Travail, offrant plus de flexibilité aux employeurs. Il a considéré hier soir que la déchéance de nationalité pour les terroristes, jamais votée, était son « seul regret ».

Qui sont les candidats déclarés à la primaire socialiste ?

La primaire socialiste (22 et 29 janvier) doit maintenant introniser un candidat avant la présidentielle. Attendue, la participation de Manuel Valls s’ajouterait à celles de Gérard Filoche, Benoît Hamon, Marie-Noëlle Lienemann et Arnaud Montebourg. D’autres personnalités proches du PS sont également partie prenante : Jean-Luc Bennahmias, François de Rugy et Pierre Larrouturou. Pour pouvoir se présenter à la primaire, ils devront recueillir les soutiens d’un nombre minimum de membres du Conseil national du parti ou d’élus PS. Plusieurs autres candidats issus de la gauche ont décidé de se présenter directement au suffrage des Français, sans passer par la primaire, parmi lesquels Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron et Sylvia Pinel (au nom du Parti radical de gauche).