5 décembre 2016

Tout s'explique

L’Europe en question après la victoire du « non » au référendum italien

Pourquoi ce résultat inquiète-t-il l’Europe ?

Les Italiens ont rejeté hier à 59 % la réforme constitutionnelle proposée par référendum, entraînant la démission du président du Conseil Matteo Renzi. Ce résultat ouvre une période d’incertitude. La Ligue du Nord, un parti xénophobe et anti-euro, a réclamé des élections législatives anticipées, tout comme le Mouvement 5 étoiles (M5S), dont le fondateur Beppe Grillo a été l’un des principaux opposants à Matteo Renzi lors de la campagne. Le M5S, qui milite pour une sortie de la zone euro, propose depuis plusieurs années l’organisation d’un référendum sur le sujet. Le président de la République a désormais le choix de nommer à nouveau Matteo Renzi, de remplacer le gouvernement par une équipe chargée de gérer les affaires courantes jusqu’aux prochaines élections législatives (prévues pour 2018) ou d’annoncer de nouvelles élections.

Pourquoi l’économie italienne suscite-t-elle également des craintes ?

Avec une dette publique supérieure à 130 % du PIB, l’Italie est l’un des pays les plus endettés d’Europe (96,2 % pour la France). Le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, qui représente les ministres des Finances de la zone euro, a déclaré aujourd’hui que Rome devait prendre des mesures « significatives » pour réduire son endettement. Il a concédé qu’il était pourtant impossible d’exiger davantage de ce pays compte tenu de l’instabilité politique. L’Italie souffre également de la mauvaise santé de ses banques, qui concentrent un tiers des créances douteuses comptabilisées dans la zone euro. Après une série de tests réalisés en juillet, l’Autorité bancaire européenne a jugé que Monte dei Paschi di Siena, la troisième plus grosse banque italienne, était l’établissement le moins résistant de la zone euro.

Comment l’Europe s’est-elle préparée à une nouvelle crise de la dette ?

La Banque centrale européenne a déclaré la semaine dernière qu’elle pourrait acheter plus de bons du Trésor italiens, évitant une envolée des taux obligataires. L’Italie peut ainsi emprunter de l’argent dans des conditions similaires à celles observées avant le vote. La zone euro est également mieux préparée : le Mécanisme de résolution unique entré en vigueur cette année oblige les actionnaires et créanciers des banques à les renflouer en cas de défaillance et à ne faire appel aux pouvoirs publics qu'en dernier recours.