7 décembre 2016

Tout s’explique

Le pic de pollution s’étend au-delà de Paris

Quel est le degré de gravité du pic de pollution actuel ?

Paris et sa région subissent depuis une semaine le pic de pollution hivernal le plus intense et le plus long de ces 10 dernières années, a annoncé aujourd’hui Airparif, une association agréée par le ministère de l’Environnement pour la surveillance de la qualité de l’air en Île-de-France. Le seuil d’alerte a été franchi deux jours de suite la semaine dernière et deux jours cette semaine (mardi et hier). Ce seuil est défini par le ministère de l’Environnement comme le « niveau au-delà duquel une exposition de courte durée présente un risque pour la santé de l’ensemble de la population ou de dégradation de l’environnement, justifiant l’intervention de mesures d’urgence ». Le nord, l’est du pays et la vallée du Rhône sont également touchés depuis le début de la semaine. Le ministère de la Santé a indiqué hier que l’épisode de pollution allait dans les jours à venir « s’intensifier et s’étendre » dans ces régions.

D’où provient cette pollution ?

Cette pollution est principalement liée en Île-de-France au transport routier et à l’émission de particules fines et de dioxyde d’azote. Les particules fines, en suspension dans l’air, proviennent également du chauffage au bois qui a augmenté la semaine passée en raison de la baisse des températures. L’industrie et l’agriculture sont aussi en cause. La pollution est aggravée par la météo avec la persistance de conditions anticycloniques : l’absence de vent empêche les particules de se disperser horizontalement et le refroidissement de l’air au sol les empêche de se disperser verticalement. Le directeur d’Airparif compare la situation à « une sorte de couvercle qui piège les polluants ».

La circulation alternée est-elle efficace ?

Le préfet de police de Paris a décidé de reconduire demain la circulation alternée dans la capitale et dans 22 villes d’Île-de-France mise en place depuis mardi. C’est la quatrième fois que ce dispositif est appliqué à Paris et la première fois qu’il l’est pour plus d’une journée. Le préfet du Rhône a décidé « par anticipation » la mise en place de la circulation alternée à Lyon et à Villeurbanne à partir de vendredi, une première pour l’agglomération lyonnaise. En mars 2014, à Paris, le dispositif avait conduit selon les mesures d’Airparif à une baisse moyenne du trafic de 18 % et à une diminution des particules de 6 %. Cette efficacité relative s’explique par le non-respect des consignes et les dérogations accordées à certains véhicules. La ville de Paris prévoit de remplacer l’année prochaine la circulation alternée par un système dépendant du niveau de pollution du véhicule.