9 décembre 2016

Tout s'explique

Le Parlement sud-coréen vote la destitution de la présidente

Que lui est-il reproché ?

Le Parlement sud-coréen a voté ce matin la destitution de la présidente Park Geun-hye, impliquée dans une vaste affaire de trafic d’influence. Plus des deux tiers des députés se sont exprimés contre la chef de l’État au pouvoir depuis 2013, ce qui signifie que de nombreux membres de son parti ont voté pour l’écarter. La dirigeante est accusée d’avoir poussé des grands groupes sud-coréens à verser près de 60 millions d’euros à des fondations créées par une de ses amies, Choi Soon-sil. Cette affaire a été révélée fin octobre par la chaîne de télévision JTBC. Plusieurs centaines de milliers de Sud-Coréens ont défilé dans les rues de Séoul le 26 novembre pour demander la destitution de Park Geun-hye.

Qui est Choi Soon-sil ?

Choi Soon-sil est la fille de Choi Tae-min, fondateur d’une secte religieuse appelée « Église de la vie éternelle ». Celui-ci a exercé une influence importante sur la présidente après le meurtre en 1974 de sa mère, femme du dictateur Park Chung-hee, lui-même assassiné en 1979. Choi Soon-sil se prétend héritière d’une tradition chamanique ancestrale. Les documents récupérés sur une tablette par JTBC révèlent sa relation très proche avec la présidente et son influence sur elle. Choi Soon-sil avait l’habitude de corriger les discours de Park Geun-hye, de nommer les membres de son cabinet et même de choisir sa garde-robe. Elle a également eu accès à des informations confidentielles sur la sécurité nationale.

La présidente est-elle définitivement écartée ?

La motion votée par les députés doit maintenant être validée par la Cour constitutionnelle. Celle-ci a six mois pour délibérer, mais sa décision peut intervenir avant la fin de ce délai. En 2004, il avait fallu 63 jours pour que les juges rejettent la motion de destitution déposée contre le président Roh Moo-hyun. La présidente est pour le moment suspendue de ses fonctions, lesquelles ont été confiées à son Premier ministre. Elle peut en revanche continuer à vivre à la Maison-Bleue, la résidence des chefs d’État sud-coréens.