12 décembre 2016

Tout s'explique

Trump bouleverse les relations sino-américaines

Qu’est-ce que le principe de la « Chine unique » ?

Le futur président américain Donald Trump a menacé hier, lors d’un entretien à la chaîne de télévision conservatrice Fox News, de ne plus reconnaître le principe de la « Chine unique » selon lequel l’île de Taïwan fait partie d’une seule Chine unifiée. Depuis 1949, Taïwan dispose d’un gouvernement distinct de la Chine continentale. Pékin considère toujours cette île comme une province sécessionniste et s’estime en droit de la reprendre, par la force si nécessaire. La plupart des pays soutiennent cette position, dont les États-Unis depuis 1979, préalable à l’établissement de ses relations avec la Chine. Pékin refuse toute relation diplomatique ou commerciale avec les pays qui ne reconnaissent pas ce principe.

Quelle position Donald Trump a-t-il défendue sur la Chine pendant sa campagne ?

Dans son interview, Donald Trump a conditionné la « politique de la Chine unique » à un accord « pour obtenir d’autres choses, y compris sur le commerce ». Durant sa campagne, il avait dénoncé l’agressivité commerciale de la Chine et menacé d’imposer des taxes d’importation de 45 % sur ses produits. Le futur président l’a également accusée de dévaluer sa monnaie face au dollar pour favoriser ses exportations. Le yuan chinois évolue actuellement à son plus bas niveau depuis huit ans face au dollar. Mais il pourrait être encore plus bas, expliquait mi-octobre le Trésor américain, car la Chine intervient sur le marché des changes pour limiter sa baisse.

Que répond la Chine à cette remise en cause ?

Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois s’est dit aujourd’hui « gravement préoccupé » par les propos de Donald Trump, précisant que « la question de Taïwan touche à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Chine » et que « le respect du principe de la Chine unique est le socle du développement des relations sino-américaines ». Le 3 décembre, Donald Trump avait déclaré sur Twitter avoir reçu un appel de félicitations de la présidente taïwanaise. Le ministre des Affaires étrangères chinois avait alors minimisé l’événement, estimant que cette intervention ne changerait pas « la politique adoptée depuis des années par les États-Unis ».