14 décembre 2016

Tout s’explique

La Syrie après la chute d’Alep

Où en est l’évacuation d’Alep-Est ?

Les combats ont repris aujourd’hui à Alep-Est, où l’armée de Bachar el-Assad est en passe de l’emporter sur les rebelles dans l’ancienne capitale économique syrienne. Le régime et les rebelles s’accusent mutuellement d’avoir rompu le cessez-le-feu qu’avait annoncé hier soir l’ambassadeur russe à l’ONU. L’interruption des frappes devait permettre ce matin l’évacuation des civils, puis des combattants rebelles. L’accord prévoyait qu’ils se rendent vers d’autres zones contrôlées par les rebelles. Or, plusieurs ONG, dont le Comité international de la Croix-Rouge, ont déclaré que l’évacuation n’avait pas commencé et qu’aucun corridor humanitaire n’avait été mis en place.

Les rebelles détiennent-ils encore d’autres territoires ?

Hormis la poche de plus de plus réduite d’Alep-Est, les rebelles détiennent plusieurs territoires en périphérie de la ville. Ils contrôlent aussi la quasi-totalité de la province d’Idleb, à 50 kilomètres au sud-ouest d’Alep. Parfois alliés à des groupes djihadistes, les insurgés sont également présents dans la province méridionale de Deraa et dans la Ghouta, la grande banlieue autour de Damas. Ils cèdent néanmoins du terrain dans celle-ci : ces derniers mois, le régime a scellé plusieurs accords qui ont permis aux insurgés de quitter leurs positions en échange de la possibilité de rejoindre Idleb. En cas de reprise totale d’Alep, le régime contrôlera les cinq plus grandes villes du pays, avec Homs, Hama, Damas et Lattaquié.

Que devient la campagne contre le groupe État islamique ?

L’organisation État islamique (EI) a profité du déploiement des meilleures troupes de l’armée syrienne à Alep pour reprendre dimanche la ville antique de Palmyre, dans le désert de l’est syrien. L’EI, qui occupait Palmyre depuis mai 2015, en avait été chassé en mars par l’armée syrienne et son allié russe, après avoir détruit de nombreux monuments de la cité classée au patrimoine mondial de l’humanité. La coalition internationale menée par les États-Unis poursuit quant à elle ses bombardements sur la région de Rakka en Syrie et Mossoul en Irak. Elle a annoncé jeudi l’élimination d’au moins 50 000 djihadistes depuis le début de ses frappes en août 2014.