2 janvier 2017

Tout s'explique

Un nouveau secrétaire général pour relancer l’ONU

Qui est Antonio Guterres ?

L’ancien Premier ministre portugais Antonio Guterres, 67 ans, a pris hier ses fonctions de secrétaire général de l’ONU en remplacement du Sud-Coréen Ban Ki-moon. Il a été élu en octobre pour un mandat de cinq ans, réconciliant sur son nom les États-Unis et la Russie. Socialiste, catholique et pro-européen, il a dirigé le gouvernement portugais entre 1995 et 2001. À la tête du Haut Commissariat pour les réfugiés de l’ONU (HCR) de 2005 à 2015, il s’est distingué par sa capacité de conviction et de négociation dans quatre langues (anglais, français, espagnol, en plus de sa langue maternelle) et a gagné le respect des ONG. Louis Charbonneau, responsable de l’association de défense des droits de l’homme Human Rights Watch à l’ONU, le présente comme « un défenseur fervent et efficace des réfugiés ».

Quel est le rôle du secrétaire général des Nations Unies ?

Plus haut fonctionnaire de l’ONU, le secrétaire général est nommé par l’Assemblée générale sur recommandation du Conseil de sécurité (15 pays dont les cinq membres permanents). Tenu d’être impartial, il doit « attirer l’attention du Conseil de sécurité sur toute affaire qui, à son avis, pourrait mettre en danger le maintien de la paix et de la sécurité internationales », « même au risque de contrarier ou de contredire » des États membres, précise le site des Nations unies. Le Conseil de sécurité peut lui demander de tenter de régler un différend. Le secrétaire général n’a cependant aucun pouvoir contraignant. Le Norvégien Trygve Lie, premier à occuper cette fonction (de 1946 à 1953), la qualifiait de « boulot le plus impossible au monde ».

Quels objectifs se fixe Guterres ?

Lors d’une cérémonie de passage de relais avec son prédécesseur Ban Ki-moon le 12 décembre, Antonio Guterres a affirmé que ses trois priorités seraient de mieux lutter en faveur de la paix (notamment contre le terrorisme), d’aider les États membres à atteindre leurs objectifs en faveur du développement durable et de réformer l’organisation pour « privilégier le résultat plutôt que la procédure, l’être humain plutôt que la bureaucratie ». Lors des auditions devant l’assemblée générale de l’ONU en avril, il avait reproché à l’organisation de faire « trop de réunions » et de prendre « trop peu de décisions ». Lors de ses 10 ans à la tête du HCR, il a réduit de 30 % les postes administratifs au siège de Genève pour en créer davantage sur le terrain.