3 janvier 2017

Tout s'explique

Valls et Peillon présentent leurs programmes

Quelles propositions les deux candidats ont-ils en commun ?

Vincent Peillon et Manuel Valls, candidats à la primaire de la gauche, ont présenté ce matin leurs programmes. Désireux tous les deux de défendre le bilan du quinquennat Hollande, ils se retrouvent sur plusieurs propositions. Ils souhaitent porter le budget de la défense à 2 % du PIB, contre 1,77 % actuellement, une hausse conforme à la demande du chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers, formulée mi-décembre dans Les Échos. Ils souhaitent également créer 5 000 postes de gendarmes et de policiers en cinq ans. Les deux candidats se rejoignent aussi sur plusieurs réformes : limitation des mandats dans le temps, baisse du nombre de parlementaires, consultation des citoyens sur les projets de loi ou suppression de la Cour de justice de la République (qui juge les ministres).

En quoi se distinguent-ils sur l’emploi ?

S’il trouve plusieurs avantages (comme le compte personnel d’activité) à la loi Travail promulguée sous le gouvernement de Manuel Valls, Vincent Peillon souhaite lui apporter quelques modifications. Il tient notamment à rétablir la hiérarchie des normes dans le droit du travail, c’est-à-dire à revenir sur la primauté donnée à l’accord d’entreprise sur l’accord de branche en matière de durée du travail. Manuel Valls souhaite réintroduire une défiscalisation des heures supplémentaires. La mesure avait été adoptée en 2007 et finalement supprimée après l’élection de François Hollande en 2012. Manuel Valls regrette une décision « incomprise par les salariés » et veut ainsi leur « redonner du pouvoir d’achat ».

Quelle réforme de la représentation politique propose Vincent Peillon ?

Vincent Peillon a proposé que les députés soient élus au scrutin proportionnel au sein de chacune des 13 nouvelles régions. Aujourd’hui, ne siègent à l’Assemblée nationale que les candidats ayant remporté l’élection dans leur circonscription. Ce mode de scrutin ne permet pas à certains partis, comme le Front national, d’être représentés dans l’hémicycle à la hauteur de leur poids dans l’électorat. L’ancien ministre de l’Éducation entend favoriser une « présence paritaire de femmes et d’hommes ». Lors de sa campagne électorale de 2012, François Hollande s’était engagé à « introduire une part de proportionnelle à l’Assemblée nationale pour les élections législatives de 2017 ». Une promesse qu’il n’a pas tenue.