4 janvier 2017

Tout s'explique

La démission du représentant britannique auprès de l’UE

Quel était le rôle d’Ivan Rogers ?

Le représentant permanent du Royaume-Uni auprès de l’Union européenne Ivan Rogers a démissionné hier, invoquant des désaccords avec le gouvernement britannique. À ce titre, il était chargé de transmettre les positions de son pays et de participer aux négociations. Il devait donc jouer un rôle majeur dans le processus de sortie du Royaume-Uni de l’UE, dont la Première ministre Theresa May a annoncé le lancement avant fin mars. Plusieurs représentants politiques, à droite comme à gauche, ont souligné sa connaissance des mécanismes européens et se sont inquiétés des conséquences de son départ. Nommé fin 2013 par le précédent Premier ministre David Cameron, il avait participé aux discussions pour redéfinir les conditions d’adhésion du Royaume-Uni, avant le référendum qui a finalement décidé de sa sortie en juin 2016.

Pourquoi a-t-il démissionné hier ?

Ivan Rogers dit avoir démissionné plusieurs mois avant la fin de son mandat, prévue fin octobre, pour permettre la nomination d’un successeur avant fin mars. Dans un e-mail adressé à son équipe hier, divulgué par le Times et la BBC, il déplore le « peu d’expérience sérieuse en matière de négociations multilatérales à Whitehall » (quartier des ministères à Londres) et encourage ses collègues à ne pas avoir « peur de dire la vérité à ceux qui sont au pouvoir ». En décembre, il avait averti plusieurs ministres que la négociation d’un nouvel accord commercial entre le Royaume-Uni et l’UE pourrait prendre jusqu’à dix ans. La fuite de ses propos avait déclenché une polémique, les pro-Brexit lui reprochant une vision pessimiste.

Quelle est la différence entre « hard Brexit » et « soft Brexit » ?

« Brexit signifie Brexit », a déclaré à plusieurs reprises la Première ministre britannique Theresa May. Deux visions s’opposent pourtant et le gouvernement n’a pas indiqué laquelle il privilégiait. Les partisans du « hard Brexit » souhaitent mettre un terme à l’afflux de travailleurs européens vers le Royaume-Uni et sont prêts pour cela à renoncer au marché unique et à la libre circulation des marchandises, des capitaux et des services qu’il garantit. Les défenseurs du « soft Brexit » militent pour un maintien dans le marché unique et accepteraient donc de conserver la libre circulation des personnes. Le Royaume-Uni aurait ainsi un statut proche de celui de la Norvège ou de l’Islande, qui ne sont pas membres de l’UE mais ont accès au marché unique, contre une participation au budget de l’Union européenne.