9 janvier 2017

Tout s’explique

Poutine accusé d’avoir ordonné les cyberattaques aux États-Unis

Quelles nouvelles accusations les États-Unis formulent-ils contre la Russie ?

Les agences de renseignement américaines (FBI, CIA et NSA) ont présenté vendredi une version déclassifiée de leur rapport sur l’implication des services de renseignement russes dans l’élection américaine. Elles affirment pour la première fois que le président russe est directement impliqué : « Vladimir Poutine a ordonné une campagne visant à influencer l’élection américaine de 2016. » Le rapport indique que les renseignements russes se sont cachés derrière le pseudonyme d’un hacker pour fournir à WikiLeaks les données issues du piratage des mails du Parti démocrate et qu’ils ont rémunéré des internautes acquis à leur cause pour orienter le débat sur les réseaux sociaux.

Comment ont réagi Donald Trump et Vladimir Poutine ?

Vendredi, avant la remise de ce rapport, Donald Trump a accusé les services de renseignement américains de mener une « chasse aux sorcières » contre les Russes. La réunion de vendredi a changé en partie son discours. Pour lui, les piratages n’ont eu « aucun effet sur l’issue de l’élection ». Mais « il ne nie pas le fait que des entités russes sont impliquées dans ce cas particulier », a déclaré à Fox News Reince Priebus, que le président élu a choisi pour être le futur chef de cabinet de la Maison-Blanche. De son côté, le Kremlin a dénoncé aujourd’hui « l’amateurisme’ des accusations de piratage et assuré ‘démentir catégoriquement toute implication ».

Y a-t-il des craintes sur les élections à venir en Europe ?

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a affirmé hier dans Le Journal du dimanche que les « tentatives d’agression informatique » contre son ministère doublaient chaque année et que les services français avaient bloqué 24 000 attaques en 2016. Il n’exclut pas que « des opérations de même nature que celles observées aux États-Unis cherchent à perturber le processus électoral français ». L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information, qui dépend de Matignon, a reçu les responsables des principaux mouvements politiques pour les conseiller, précise-t-il. Début novembre, la chancelière allemande Angela Merkel avait estimé que la Russie pourrait tenter, via des cyberattaques ou des actions de désinformation, d’interférer dans les législatives allemandes prévues à l’automne 2017.