13 janvier 2017

Tout s’explique

Les programmes économiques des candidats socialistes

Pourquoi le revenu universel s’est-il imposé dans le débat ?

L’instauration d’un revenu universel (une allocation versée sans condition à chaque citoyen) est la principale mesure économique discutée hier soir lors du premier débat entre les candidats à la primaire de la gauche. Fin septembre, Manuel Valls a contribué à en populariser l’idée en déclarant sur Facebook vouloir « ouvrir de nouvelles pistes » et en citant « le revenu universel ». Dans son esprit, il s’agit d’une allocation non pas universelle, mais sous condition de ressources, visant à fusionner les minima existants. C’est pourquoi il emploie désormais le terme de « revenu décent ». Benoît Hamon a fait du revenu universel sa proposition phare, polarisant l’attention par sa nouveauté. Il la justifie par la « raréfaction du travail » liée aux effets de la révolution numérique et envisage une mise en place progressive.

Quelles sont les principales divergences entre les candidats ?

Le revenu universel est combattu par les trois autres candidats du PS. Ils critiquent le renoncement à l’objectif de donner à chacun une dignité par le travail. Vincent Peillon a dénoncé hier la « rupture » avec une solidarité où « ceux qui ont le plus donnent à ceux qui ont le moins ». Arnaud Montebourg et Benoît Hamon souhaitent pouvoir s’affranchir de la contrainte européenne d’un déficit public limité à 3 % du PIB. Ils prévoient de supprimer la loi Travail, quand Vincent Peillon se contenterait de revoir certaines dispositions. Benoît Hamon et Vincent Peillon plaident pour une fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG, reprenant une proposition de François Hollande pendant sa campagne de 2012 qui n’a pas vu le jour. Manuel Valls est le seul à vouloir revenir à une défiscalisation des heures supplémentaires, mesure emblématique de Nicolas Sarkozy.

Les candidats ont-ils chiffré leurs programmes ?

Arnaud Montebourg est le seul parmi les candidats du PS à avoir chiffré son programme sur son site de campagne. Sa réforme la plus coûteuse est la baisse de la CSG des plus modestes (évaluée à 8 milliards d’euros par an). Pour dégager des moyens, il prévoit de réserver aux PME le CICE (un avantage fiscal à destination des employeurs) et de surtaxer les profits bancaires. Il estime que les effets de sa politique sur la croissance permettraient de ramener en 2022 le déficit public à 2,5 % du PIB. Benoît Hamon a précisé en décembre aux Échos que l’instauration d’un revenu universel se traduirait par une hausse des prélèvements « quasiment exclusivement sur les plus hauts revenus ». Manuel Valls ambitionne quant à lui de « maintenir » le déficit public sous les 3 %, mais souligne que « l’enjeu majeur aujourd’hui, ce n’est pas le déficit, c’est la croissance et l’emploi ».