17 janvier 2017

Tout s’explique

Theresa May opte pour un Brexit strict

Comment Theresa May entend-elle mettre en œuvre le Brexit ?

La Première ministre britannique a présenté en début d’après-midi son plan pour une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, conformément au résultat du référendum organisé en juin. Pour la première fois, elle a souhaité une rupture « claire et nette » avec l’UE. Elle réclame pour son pays une sortie du marché unique, pour mieux maîtriser l’immigration européenne et négocier des accords commerciaux bilatéraux. Elle entend également le soustraire à l’autorité de la Cour de justice européenne, afin de retrouver un contrôle sur les lois du pays. Le Royaume-Uni continuera cependant à collaborer avec l’Union européenne en matière de sécurité, de lutte contre le terrorisme, d’affaires étrangères et de recherches universitaires.

Comment se dérouleront les négociations avec l’UE ?

Theresa May compte recourir d’ici fin mars à l’article 50 du Traité de Lisbonne, qui définit les conditions de sortie d’un pays de l’Union européenne. Celui-ci enclenchera une période de négociations de deux ans. Durant cet intervalle, le Royaume-Uni cherchera à établir un nouvel accord de libre-échange et de nouveaux droits de douane avec l’Union européenne. La Première ministre met en garde les partisans d’un accord « punitif » pour le Royaume-Uni, qui serait un « acte calamiteux » pour l’Europe. François Hollande avait déclaré en octobre : « Theresa May veut un Brexit dur, la négociation sera dure. » Elle a cherché aujourd'hui à rassurer les États membres : « Nous quittons l’Union européenne, mais n’abandonnons pas l’Europe. »

Pourquoi le Brexit devra-t-il être approuvé par le Parlement ?

Durant son discours, Theresa May a précisé pour la première fois que son gouvernement soumettrait l’accord final entre le Royaume-Uni et l’Union européenne au vote des deux chambres du Parlement britannique. En revanche, elle souhaite toujours ne pas avoir à les consulter pour recourir à l’article 50. Cette volonté, contestée par la justice britannique en novembre, reste suspendue à une décision de la Cour suprême prévue à la fin du mois. Répondant aux questions des journalistes, Theresa May a refusé de clarifier sa position en cas de rejet par les parlementaires, mais a déclaré que l’article 50 était « irréversible ».