24 janvier 2017

Tout s'explique

Le processus de fermeture de la centrale de Fessenheim enclenché

Pourquoi EDF accepte-t-il la fermeture ?

Le conseil d’administration d’EDF a approuvé le projet de fermeture anticipée de la centrale nucléaire de Fessenheim, située dans le Haut-Rhin, en acceptant un compromis proposé par l’État qui prévoit une indemnisation de l’entreprise. L’accord signé aujourd’hui fixe son montant à environ 490 millions d’euros, dont 20 % doivent être versés en 2019 et le reste en 2021. Une part additionnelle pourra aussi être payée en fonction du manque à gagner pour EDF constaté pendant cette période. L’accord conditionne en outre la fin de l’exploitation de la centrale de Fessenheim à la mise en service du réacteur EPR de la centrale nucléaire de Flamanville prévue fin 2018.

Pourquoi le gouvernement veut-il fermer cette centrale ?

La fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim est l’une des promesses qu’avait formulées François Hollande durant sa campagne présidentielle en 2012. Il l’avait renouvelée en septembre de la même année. Cette centrale en service depuis 1978, « la plus ancienne de notre parc, sera fermée à la fin de l’année 2016 », avait-il précisé. Sa décision avait été motivée par les craintes formulées par des citoyens, des ONG et 80 communes alsaciennes après la catastrophe de Fukushima, survenue en mars 2011 au Japon. Cette fermeture visait également à atteindre l’objectif fixé par la loi de transition énergétique, votée en août 2015, de réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75 % à 50 % d’ici 2025.

Cette décision est-elle définitive ?

Malgré l’accord conclu aujourd’hui, la fermeture de la centrale est encore liée à l’adoption d’un décret abrogeant son autorisation d’exploitation. François Hollande est en mesure de le publier avant la fin de son mandat, mais si son successeur souhaite conserver la centrale de Fessenheim, il aura la possibilité d’en prendre un nouveau pour s’opposer au démantèlement. Dans son programme, François Fillon, candidat du parti Les Républicains à l’élection présidentielle, s’est engagé à « stopper la fermeture de Fessenheim » s’il est élu en mai.