25 janvier 2017

Tout s'explique

Ouverture d’une enquête sur Penelope Fillon

Qu’est-il reproché à Penelope Fillon ?

Le parquet financier a ouvert cet après-midi une enquête à la suite des révélations du Canard enchaîné sur la femme de François Fillon. Selon ces révélations, celle-ci a été rémunérée pendant huit ans comme attachée parlementaire par son mari, alors député de la Sarthe, et par son suppléant à l’Assemblée nationale, percevant 600 000 euros de salaires en huit ans. Elle a également été employée comme « conseillère littéraire » par La Revue des deux mondes (dont le propriétaire est un proche de François Fillon), touchant 100 000 euros en 20 mois. Le Canard enchaîné dit n’avoir guère trouvé de traces de son travail. En octobre, Penelope Fillon déclarait au quotidien local Le Bien public ne s’être jamais, jusqu’à présent, « impliquée dans la vie politique » de son mari. Le candidat de la droite à la présidentielle a qualifié la révélation de cette affaire de « boule puante » et accusé l’article de « misogynie ».

Les parlementaires peuvent-ils employer des membres de leur famille ?

L’emploi par les députés de leurs femmes ou de leurs enfants est une pratique légale en France, mais interdite depuis 2009 au Parlement européen. Chaque député français dispose d’une enveloppe mensuelle de 9 561 euros pour salarier jusqu’à cinq collaborateurs de leur choix. Mediapart a calculé en 2014 que 52 conjoints, 28 fils et 32 filles de députés de tous bords comptaient parmi leurs salariés. C’est cette année-là que les parlementaires ont remis leurs premières déclaration d’intérêts à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique et ont dû divulguer les noms de leurs salariés. Auparavant, Mediapart avait révélé que Jean-François Copé et Bruno Le Maire avaient employé leurs épouses.

Qu’est-ce qu’un emploi fictif ?

Il s’agit de l’occupation d’un emploi rémunéré sans l’exercice des tâches prévues. Par exemple, est concernée une collectivité rémunérant une personne travaillant pour un parti ou le dirigeant d’une entreprise privée salariant un homme politique pour s’attirer ses faveurs entre deux mandats. L’enquête à l’encontre de Penelope Fillon a été ouverte pour détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits. Dans l’affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris, qui concernait notamment sept employés permanents du RPR, Jacques Chirac a été condamné à deux ans de prison avec sursis en décembre 2011. En décembre 2016, une information judiciaire a été ouverte pour des soupçons de salaires indûment versés à des assistants parlementaires d’élus du Front national au Parlement européen.