27 janvier 2017

Tout s'explique

L’ONU s’inquiète d’un risque de famine au Yémen

Pourquoi l’ONU s’alarme-t-elle au sujet du Yémen ?

Le chef des opérations humanitaires de l’ONU Stephen O’Brien a alerté hier le Conseil de sécurité sur la situation au Yémen. Il a décrit le conflit en cours comme « la plus grande urgence pour la sécurité alimentaire dans le monde ». « La famine est un scénario possible pour 2017 », a-t-il ajouté, précisant que 14 millions de personnes ont actuellement besoin d’une aide alimentaire. 2,7 millions d’enfants sont en situation de malnutrition, soit 63 % de plus qu’en 2015. Mi-janvier, le médiateur des Nations unies pour le Yémen avait estimé à 10 000 le nombre de civils tués depuis mars 2015.

Quelles sont les raisons du conflit qui divise le pays ?

Des manifestations organisées à la suite des révolutions en Tunisie et en Égypte provoquent en 2012 le départ du président Ali Abdallah Saleh au pouvoir depuis 33 ans. Alors que la transition politique s’enlise, le nouveau président fait face à l’opposition des Houthis, un mouvement politique du nord du pays, nommé en référence aux Al-Houthi, la famille de chefs religieux qui l’a fondé. Ces rebelles appartiennent au courant zaydite, une branche minoritaire de l’islam chiite représentant 42 % des 27 millions d’habitants du pays, majoritairement sunnites. Ils lancent un assaut sur la capitale Sanaa et s’en emparent en janvier 2015. Le président yéménite fuit vers le sud du pays, puis vers Riyad, en Arabie saoudite.

Pourquoi l’Arabie saoudite s’est-elle engagée dans le conflit ?

En mars 2015, l’Arabie saoudite lance une campagne de bombardements pour soutenir les forces loyalistes et combattre les Houthis. Elle forme une coalition de neuf pays arabes, dont la Jordanie et l’Égypte. Cette intervention vise également à limiter l’influence de l’Iran, soutien des Houthis. En octobre, les frappes font 140 victimes civiles lors d’une cérémonie funéraire à Sanaa, conduisant les États-Unis à prendre leurs distances avec leur allié saoudien. Depuis la reprise du port d’Aden au sud en août 2015, les forces loyalistes n’ont pas regagné de terrain. Les rebelles tiennent la capitale Sanaa et continuent d’assiéger Taëz, la troisième ville du pays. L’enlisement du conflit est propice au développement des groupes djihadistes, la branche yéménite d’Al-Qaïda confortant son implantation dans le pays.