6 février 2017

Tout s'explique

Les engagements présidentiels de Marine Le Pen

La « priorité nationale » proposée par Marine Le Pen est-elle une nouvelle proposition ?

Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont tous les trois tenu un meeting ce week-end à Lyon (retransmis à Aubervilliers pour le candidat de la France insoumise, grâce à un hologramme). Marine Le Pen est la seule à avoir dévoilé à cette occasion son programme. Constitué de « 144 engagements », il mentionne pour la première fois l’inscription de la « priorité nationale » dans la Constitution, afin d’« ériger la citoyenneté française en privilège ». Ce thème n’est pas nouveau dans le programme du Front national qui a longtemps parlé de « préférence nationale », expression que Marine Le Pen a remplacé par « priorité nationale » en 2012 sans en modifier le sens. Dans son programme, Marine Le Pen détaille uniquement son application dans le domaine du travail, avec la mise en place d’une taxe à l’embauche de salariés étrangers.

Envisage-t-elle une sortie de la France de l’Union européenne ?

La première proposition du programme de Marine Le Pen porte sur la volonté de redonner à la France sa souveraineté « monétaire, législative, territoriale, économique ». La candidate du Front national souhaite pour cela proposer six mois après son élection un « référendum sur notre appartenance à l’Union européenne ». La sortie de l’euro, un des thèmes forts du FN, qui faisait l’objet de tout un chapitre du programme de la candidate en 2012, est cette fois évoquée rapidement : Marine Le Pen affirme vouloir rétablir une « monnaie nationale » afin de « soutenir les entreprises françaises face à la concurrence internationale ».

Comment compte-elle financer son programme ?

Marine Le Pen n’a présenté le financement que de quelques mesures, un chiffrage plus précis étant annoncé pour plus tard. Elle propose d’instaurer une prime de pouvoir d’achat à destination des bas revenus et des petites retraites, financée par une contribution sociale sur les importations à hauteur de 3 %. Elle mise sur une croissance de 2 % dès 2018 et anticipe des économies, sans les chiffrer précisément, sur la gestion de la Sécurité sociale, la fraude fiscale, l’Union européenne et l’immigration. Charles Wyplosz, professeur à l’Institut des hautes études internationales de Genève, estime dans Le Monde, que ce programme économique représente « un mélange de cadeaux à tout le monde (entreprises, jeunes, futurs retraités, handicapés, héritiers) et de protectionnisme incompatible avec les accords internationaux ».