6 février 2017

C'est leur avis

Un revenu universel pour pallier les défaillances du travail

Daniel Cohen, directeur du département d’économie à l’École normale supérieure et soutien de François Hollande en 2012, estime dans une tribune publiée dans L’Obs que le revenu universel proposé par Benoît Hamon ne doit pas être vu comme un droit à la paresse, mais comme un facteur de stabilité, ce que ne garantit plus le travail aujourd’hui.

« Thomas Paine, l’un de ses premiers défenseurs, y voyait un moyen de corriger l’inégalité entre ceux qui héritent d’un patrimoine et les autres. Personne n’a jamais prétendu que l’héritage dissuadait de travailler. […] Il n’est pas nécessaire de croire à la “fin du travail” pour adhérer au revenu universel. Ce qui a disparu est moins l’emploi lui-même que sa force d’intégration sociale, celle qui s’offrait hier aux ouvriers dans l’industrie et auparavant encore dans l’agriculture. […] C’est là que le revenu d’existence joue son rôle. Il donne aux travailleurs une garantie sociale que le monde productif ne leur accorde plus. » Daniel Cohen