7 février 2017

Tout s’explique

Le Parlement israélien légalise les colonies sauvages

Qu’ont décidé les députés israéliens sur le sort des colonies ?

Les députés israéliens ont voté hier soir, par 60 voix contre 52, un projet de loi qui légalise les avant-postes israéliens, ou colonies sauvages, construits sur des terres privées palestiniennes en Cisjordanie. Ce texte prévoit que l’État puisse saisir ces terres et proposer en échange aux propriétaires palestiniens une compensation financière ou l’attribution d’un autre terrain. Ce vote s’est déroulé après l’évacuation de la colonie sauvage d’Amona la semaine dernière qui a suscité l’opposition des partis religieux et nationalistes membres de la coalition au pouvoir. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou souhaitait reporter le vote après sa rencontre prévue avec Donald Trump le 15 février. La Maison-Blanche, qui lui a assuré son soutien, avait cependant émis des réserves sur la politique de colonisation israélienne le 2 février. Mais Benjamin Netanyahou n’a pas convaincu les dirigeants des partis de sa coalition, dont Le Foyer juif, proche des colons, de reporter le vote.

Quels sont les recours des opposants à cette loi ?

Plusieurs associations de défense des droits de l’homme et de la cause palestinienne ont annoncé un recours devant la Cour suprême israélienne pour annuler ce texte. La loi a de fortes chances d’être rejetée, même selon l’avis de certains de ses partisans, comme le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman. Le procureur général de la Cour suprême a exprimé son désaccord avec la loi et annoncé qu’il ne représenterait pas le gouvernement lors de l’audience. Fin décembre, le Conseil de sécurité de l’ONU avait exhorté Israël à cesser toute colonisation et affirmé que les colonies établies depuis 1967 « n’ont pas de valeur juridique ».

Qu’est-ce qu’une colonie sauvage ?

Les colonies représentent des quartiers, villages ou villes construits sur des territoires conquis par Israël lors de la guerre des Six Jours en 1967. La loi votée hier porte uniquement sur les avant-postes israéliens, autrement appelés colonies sauvages, considérés comme illégaux du point de vue du droit israélien parce qu’ils ont été construits sur des terres privées palestiniennes. Les colonies sauvages diffèrent de celles qui ont obtenu l’accord des autorités israéliennes pour s’établir. L’ONU estime cependant que toutes les colonies israéliennes sont illégales. 455 000 colons israéliens vivent en Cisjordanie et 200 000 habitent dans le quartier est de Jérusalem, d’après les chiffres publiés en février 2016 par le Quartet pour le Moyen-Orient (ONU, Union européenne, Russie et États-Unis).