20 février 2017

Tout s’explique

Jean-Luc Mélenchon chiffre son programme économique

Sur quoi repose le plan de relance proposé par Jean-Luc Mélenchon ?

Jean-Luc Mélenchon a présenté hier le chiffrage de son programme pour l’élection présidentielle lors d’une conférence vidéo diffusée sur sa chaîne YouTube et son compte Facebook. Il prévoit une relance reposant sur un plan d’investissement de 100 milliards d’euros, financé par l’emprunt, ainsi que sur une augmentation de 173 milliards d’euros de la dépense publique étalée sur le quinquennat. Il s’agit « d’injecter une masse suffisante pour remettre en route l’activité », a expliqué le candidat. Jean-Luc Mélenchon entend compenser ces dépenses par de nouvelles recettes apportées par la relance économique, la suppression de niches fiscales, la lutte contre l’évasion fiscale et la hausse des impôts sur les hauts revenus.

Comment souhaite-t-il mettre en place son « protectionnisme solidaire » ?

Jean-Luc Mélenchon envisage un « protectionnisme solidaire » permettant de « relocaliser la production en France », de créer des emplois et d’accélérer la transition écologique. Pour ce faire, il mise sur une hausse de certains droits de douane, sur l’instauration d’une taxe kilométrique en fonction de la distance parcourue par les produits importés et sur une baisse de l’impôt sur les sociétés à 25 % (contre un bénéfice imposable à 33 % aujourd’hui). « Le projet de M. Mélenchon fonctionne comme si la France était une économie fermée, coupée du reste du monde », critique dans Le Monde Patrick Artus, économiste à la banque Natixis.

En quoi consistent « l’urgence sociale » et « l’urgence écologique » sur lesquelles il veut investir en priorité ?

S’il est élu, Jean-Luc Mélenchon entend investir le plus rapidement possible dans le social et l’écologie. 45 milliards d’euros seront attribués pour répondre à « l’urgence sociale », dont 18 milliards d’euros alloués au logement. Il prévoit le développement des logements sociaux, des crèches, des maisons de retraite et de l’accessibilité des personnes handicapées. Il compte également employer 50 milliards d’euros pour faire face à « l’urgence écologique », dont la moitié serait dévolue au développement des énergies renouvelables. Il s’est en effet fixé un objectif de 100 % d’énergies renouvelables d’ici 2050, avec une fermeture immédiate, dès son élection, de la centrale nucléaire de Fessenheim et l’abandon des projets de réacteurs EPR de nouvelle génération.