24 février 2017

Tout s’explique

Le recueil des parrainages pour la présidentielle est ouvert

Comment fonctionne le système de parrainage ?

Le gouvernement a publié aujourd’hui au Journal officiel le décret marquant l’ouverture de la période de réception des parrainages pour l’élection présidentielle. Pour pouvoir se présenter au 1er tour, le 23 avril, chaque candidat doit recueillir au moins 500 signatures d’élus (notamment maire, président d’un conseil départemental ou d’un conseil régional, député, sénateur), issus d’au moins 30 départements différents, avec au maximum 50 parrainages dans chacun d’entre eux. Au total, 47 462 élus doivent recevoir un formulaire adressé par leur préfecture qu’ils seront libres de remplir ou non. Tous les parrainages doivent parvenir avant le 17 mars au Conseil constitutionnel, qui publiera la liste des candidats le 20 ou le 21 mars.

Qu’est-ce qui a changé depuis la précédente élection présidentielle ?

La loi de modernisation de l’élection présidentielle, adoptée en avril, a modifié certains critères concernant la publication et l’envoi des parrainages. Jusqu’ici, si un candidat recueillait plus de 500 signatures, seules 500, tirées au sort, étaient publiées au Journal officiel lors de la clôture des parrainages. Désormais, l’intégralité d’entre elles seront mises en ligne, au fur et à mesure de leur réception par le Conseil constitutionnel, les mardis et vendredis. Les élus ne peuvent également plus remettre leur formulaire au candidat et doivent maintenant le faire parvenir eux-mêmes, uniquement par voie postale, au Conseil constitutionnel.

Quelles alternatives sont proposées par les opposants au système actuel ?

Le système de parrainage est critiqué par les candidats indépendants ou issus de petits partis, qui réclament une baisse du nombre de signatures pour avoir plus de chances de se présenter. Henri Guaino propose de son côté d’obliger les élus à parrainer un candidat. Plusieurs prétendants déplorent aussi la publication du nom des élus, comme Marine Le Pen qui avait saisi à ce propos le Conseil constitutionnel en 2012, considérant que cela pouvait constituer un frein à l’engagement. Les Sages avaient rejeté sa demande, estimant que cette publication visait à « favoriser la transparence ». Plusieurs concurrents, comme Charlotte Marchandise, choisie par 32 000 personnes lors d’une primaire citoyenne, plaident pour un système de parrainages citoyens permettant de valider une candidature à partir d’un certain niveau de soutien populaire.. En Autriche, il est possible de se présenter à la présidence en obtenant l’appui de 6 000 électeurs. La France est le seul parmi la demi-douzaine de pays européens dont le président est élu au suffrage universel où les citoyens ne peuvent le faire.