27 février 2017

Tout s’explique

Les affaires visant le Front national

Quelles sont les procédures judiciaires visant le Front national ?

Le Parlement européen soupçonne depuis 2014 le parti de Marine Le Pen d’emplois fictifs concernant 20 assistants parlementaires. Le parquet de Paris enquête depuis mars 2015 sur cette affaire et a ouvert une instruction en décembre. Il cherche à savoir si le FN a mis en place un système pour rémunérer certains employés du parti avec les fonds publics de l’Union européenne. Catherine Griset, chef de cabinet de Marine Le Pen et ancienne assistante parlementaire européenne, a été mise en examen mercredi pour recel d’abus de confiance. Par ailleurs, la Haute autorité pour la transparence de la vie publique a émis des doutes en 2015 sur l’évaluation de certains actifs par la présidente du Front national et par son père dans leur déclaration de patrimoine en 2014 et transmis le dossier à la justice. Le parti est aussi visé par une enquête sur le financement de ses campagnes.

Quand a débuté l’enquête sur le financement des campagnes ?

La justice enquête depuis 2012 sur cette autre affaire. Treize personnes sont actuellement mises en examen, dont Wallerand de Saint Just, trésorier du parti. Le Monde a dévoilé samedi que Frédéric Chatillon, ami de Marine Le Pen et directeur de la société de communication Riwal, avait été mis en examen le 15 février par le parquet de Paris pour « escroqueries » et « abus de biens sociaux » lors des élections de 2014 (municipales, sénatoriales et européennes) et de 2015 (départementales). Il avait déjà été mis en examen pour le financement de la présidentielle et des législatives de 2012. Il lui était reproché d’avoir surfacturé des kits de campagne obligatoires pour les candidats du Front national vendus via Jeanne, le microparti de Marine Le Pen, afin de gonfler les remboursements des frais de campagne assurés par l’État.

Comment réagit Marine Le Pen ?

La présidente du FN, en meeting à Nantes hier, s’est présentée comme une victime du « système » judiciaire. Alors qu’elle a promis dans son programme d’augmenter le nombre de magistrats, elle a déclaré qu’ils étaient « là pour appliquer la loi, pas pour l’inventer, pas pour contrecarrer la volonté du peuple ». Elle a également demandé « aux fonctionnaires » de « se garder de participer à de telles dérives », les avertissant qu’ils devraient « assumer le poids de ces méthodes illégales ». Après avoir refusé d’être entendue par les juges mercredi, Marine Le Pen a affirmé vendredi qu’elle ne répondrait pas à la justice « pendant la campagne électorale ». Elle peut en effet refuser toute mesure coercitive en raison de l’immunité parlementaire dont elle bénéficie grâce à son mandat de députée européenne.