3 mars 2017

Tout s'explique

Alerte à l’état de famine dans quatre pays

Pourquoi plusieurs pays sont-ils touchés par la famine ou en passe de l’être ?

Le gouvernement sud-soudanais a déclaré le 20 février l’état de famine ou de risque de famine dans plusieurs régions du pays. Sur ses 11 millions d’habitants, près de 5 millions seront en situation d’insécurité alimentaire d’ici avril, a-t-il déclaré. Le pays est en proie à une guerre civile depuis plus de trois ans et fait face à une importante sécheresse depuis fin 2016. Celle-ci menace également la Somalie et le Nigeria, ont averti les Nations unies le 22 février. L’organisation a enfin alerté sur les risques de famine au Yémen, où un conflit divise le pays depuis 2012. Selon l’ONU, « plus de 20 millions de personnes » sont « menacées » au cours des six prochains mois.

Qu’est-ce qu’un état de famine ?

L’état de famine est le plus souvent mesuré grâce à une échelle utilisée par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et reconnue par la communauté internationale. L’état de « famine » ou de « catastrophe humanitaire » est déclaré lorsque ces critères sont réunis : au moins 20 % de la population a un accès très restreint à la nourriture de base, 30 % de la population ou plus est en situation de malnutrition aiguë et le taux de mortalité est supérieur à deux personnes pour 10 000 habitants par jour. « Cette méthodologie scientifique aide à éviter que la famine ne devienne un terme manipulé à des fins politiques », a expliqué mardi à l’AFP Erminio Sacco, expert en sécurité alimentaire à la FAO.

Quelles mesures ont été enclenchées ?

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a demandé, dans un communiqué publié le 22 février, une aide d’urgence de 5,6 milliards de dollars pour 2017 à destination du Soudan du Sud, de la Somalie, du Nigeria et du Yémen. 4,4 milliards de dollars sont même nécessaires « d’ici la fin du mois de mars pour éviter une catastrophe », a-t-il précisé. Jusqu’ici, « seulement 90 millions de dollars » ont été reçus. L’Union européenne avait annoncé le 21 février qu’elle débloquerait 82 millions d’euros d’aides supplémentaires à destination du Soudan du Sud. Le président du pays a promis un « accès sans restriction » aux humanitaires, dont les efforts pour venir en aide à la population sont fréquemment entravés par les différentes forces en conflit.