7 mars 2017

Tout s’explique

Un bouclier antimissiles en réaction aux tirs nord-coréens

Pourquoi les États-Unis ont-ils déployé un système de défense antimissiles en Corée du Sud ?

L’armée américaine a commencé à déployer la nuit dernière un système de défense antimissiles Thaad (Terminal High Altitude Area Defense) en Corée du Sud, en réaction aux quatre tirs de missiles réalisés par la Corée du Nord hier matin. Trois des projectiles ont parcouru près de 1 000 kilomètres et sont tombés en mer à près de 300 kilomètres des côtes du Japon. Selon un communiqué de l’agence officielle nord-coréenne, ces tirs consistaient à tester la capacité du pays à « frapper les bases militaires » américaines situées au Japon « en cas de besoin ». Le dernier tir de missile effectué par la Corée du Nord en direction du Japon remontait au 12 février. Les États-Unis et la Corée du Sud avaient passé en juillet un accord pour un déploiement de ce bouclier antimissiles, initialement prévu fin 2017.

Comment fonctionne le bouclier antimissiles ?

Créé par l’entreprise américaine Lockheed Martin, le système de défense antimissiles Thaad envoie lui-même des projectiles chargés d’intercepter et de détruire, en s’écrasant contre eux, des missiles balistiques de courte et moyenne portées (moins de 3 000 kilomètres) lors de leur dernière phase de vol. Un radar détecte d’abord les projectiles suspects. Une fois la cible identifiée, les missiles intercepteurs sont tirés depuis un lanceur installé sur un camion. Ils peuvent couvrir une zone de 200 km de rayon et 150 km d’altitude. Aucun explosif n’est utilisé : seule la force d’impact permet la destruction. D’après Lockheed Martin, « le système a un taux de réussite de 100 % en mission depuis les tests de 2005 ».

Comment réagit la Chine ?

La Chine, considérée comme le seul allié de Pyongyang, estime que l’installation du bouclier antimissiles américain sur le territoire sud-coréen constitue une menace pour sa propre dissuasion nucléaire. Le pays craint en particulier qu’un des radars utilisés par le bouclier antimissiles, d’une portée d’environ 1 000 kilomètres, puisse permettre aux Américains d’espionner ses activités militaires. « Nous nous opposons résolument au déploiement du Thaad », a déclaré aujourd’hui le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois. « Nous prendrons les mesures nécessaires pour protéger nos propres intérêts de sécurité », a-t-il ajouté.