15 mars 2017

Tout s’explique

Une nouvelle vignette pour les aliments

En quoi consiste ce nouvel étiquetage ?

La ministre de la Santé Marisol Touraine a présenté dans une interview au Parisien l’étiquetage nutritionnel retenu en application de la loi Santé votée en décembre 2015. À partir d’avril, les fabricants seront encouragés à apposer un pictogramme sur les produits alimentaires pour faciliter le choix des consommateurs en fonction de la composition nutritionnelle des produits. Le système retenu, appelé Nutri-Score, note chaque produit sur une échelle de A à E, du vert à l’orange foncé. « L’idée n’est pas de dire aux gens de choisir entre un yaourt ou une pizza, mais de leur dire laquelle des pizzas présentes dans les rayons est la moins grasse et salée », explique la ministre. Quatre systèmes ont été testés en grande surface pendant 10 semaines à l’automne 2016. Le dispositif retenu est celui grâce auquel la qualité du panier moyen d’achat a le plus augmenté.

Quelles sont les limites du dispositif ?

La réglementation européenne empêche d’imposer ce nouvel étiquetage aux fabricants, déplore Marisol Touraine. La ministre dit compter sur la « pression des consommateurs » pour que les industriels s’engagent dans cette voie. Ces derniers, tout comme les grandes surfaces, ne sont cependant pas favorables au système retenu. La Fédération des entreprises du commerce et de la distribution juge ainsi que la couleur orange foncée peut induire dans l’esprit des consommateurs que les produits sont « dangereux » et juge le dispositif « stigmatisant ». Les industriels et les distributeurs militent pour un autre type d’image mettant en avant la meilleure fréquence de consommation. PepsiCo, Coca-Cola, Mars, Mondelez International, Unilever et Nestlé ont annoncé la semaine dernière travailler à leur propre visuel.

Quels en sont les effets attendus ?

L’objectif de l’étiquetage nutritionnel est de faire diminuer les maladies chroniques, dont l’obésité et le diabète. La vignette vise à rendre l’information sur les qualités nutritionnelles d’un produit facilement reconnaissable et lisible en un coup d’œil. Cependant, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, chargée d’assurer une veille sur les questions de santé publique, a émis en février des réserves sur son efficacité. Rien ne prouve « en l’état actuel des connaissances » que le système d’étiquetage nutritionnel prévu par la loi Santé sera efficace pour faire diminuer les maladies chroniques en France, a-t-elle estimé, y voyant une « mesure d’accompagnement » à des « actions d’éducation, d’information et d’encadrement réglementaire ».