16 mars 2017

Tout s'explique

Benoît Hamon complète son programme

En quoi son programme diffère-t-il de celui de la primaire de la gauche ?

Benoît Hamon a présenté ce matin à Paris son programme pour l’élection présidentielle. Il dit avoir « enrichi » son projet des contributions des autres candidats à la primaire qui pouvaient le « muscler ». C’est ainsi qu’apparaissent plusieurs idées défendues par Arnaud Montebourg : la priorité accordée au « made in France » et aux petites et moyennes entreprises – auxquelles 50 % des marchés publics seront réservés –, la « possibilité d’une nationalisation temporaire » de certaines entreprises pour « maintenir la compétitivité et les emplois » et le renforcement du pouvoir des salariés dans les conseils d’administration. Benoît Hamon souhaite également ouvrir le droit aux allocations familiales « dès le premier enfant », une proposition de Vincent Peillon lors de la primaire.

Comment le projet de revenu universel a-t-il été remodelé ?

Le site de campagne de Benoît Hamon mentionnait encore début mars un revenu de 600 euros qui serait versé en remplacement du RSA et aux 18-25 ans « quel que soit leur niveau de ressources », avant d’être « ensuite étendu à l’ensemble de la population ». Lors de son passage le 9 mars dans « L’Émission politique » de France 2, le candidat a finalement déclaré que cette allocation, de 600 euros « quand on n’a rien », serait dégressive en fonction des ressources, y compris pour les jeunes. Seront finalement concernés, à partir du 1er janvier 2018, les 18-25 ans et les personnes gagnant moins de 2 200 euros net, soit 19 millions de personnes selon Benoît Hamon. L’extension éventuelle à toute la population sera ensuite décidée lors d’une « conférence sociale ».

Comment compte-t-il financer les nouvelles dépenses ?

Le programme présenté ce matin n’est pas chiffré. Pour financer son revenu universel, Benoît Hamon entend instaurer « une taxe sur les superprofits des banques », une idée portée par Arnaud Montebourg lors de la primaire. Il souhaite également rediriger une partie des montants alloués au Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi. Le candidat prévoit d’autres dépenses importantes, notamment le recrutement de 40 000 enseignants en cinq ans ou la création de 5 000 postes dans la police et la gendarmerie. En attendant un chiffrage précis, le député PS Jean-Marc Germain, codirecteur de la campagne de Benoît Hamon, précise dans Le Monde que si le déficit se creusera « dans un premier temps » au-delà de la limite des 3 % du PIB prévue par les traités européens, « on s’engage à rendre les finances publiques à la fin du quinquennat dans les clous des 3 % ».