20 mars 2017

Tout s’explique

Le retour du service national en débat

En quoi consiste le service national obligatoire présenté par Emmanuel Macron ?

Lors d’un meeting samedi à Paris sur le thème de la défense, Emmanuel Macron a présenté une nouvelle idée, ajoutée à son programme. Le candidat du mouvement En marche souhaite réinstaurer le service national, universel et obligatoire, supprimé en 1997 sous la présidence de Jacques Chirac. Ce service sera d’une durée d’un mois et s’adressera à environ 600 000 jeunes, filles comme garçons, qui devront l’effectuer dans les trois ans suivant leur 18e anniversaire. Leur formation sera assurée par le personnel de l’armée et de la gendarmerie nationale. Son coût annuel (logement, transports, frais d’encadrement) est estimé entre 2 milliards et 3 milliards d’euros. Emmanuel Macron considère que ce service national permettra de « faire l’expérience de la vie militaire » et de « disposer, en cas de crise, d’un réservoir mobilisable ».

Que proposent les autres candidats ?

Jean-Luc Mélenchon propose un « service citoyen obligatoire » de neuf mois, rémunéré au Smic, avec une « formation militaire initiale » et des « tâches d’intérêt général » (sapeurs-pompiers, sécurité civile, protection de l’environnement). Le passage du permis de conduire fera partie du programme. Cet examen est également proposé par Jean Lassalle et Nicolas Dupont-Aignan, le premier dans le cadre d’un « service national civil et militaire » d’un an (accompagnement des personnes en difficulté, réhabilitation du patrimoine, soutien aux forces de l’ordre et aux pompiers) et le second avec un « service national de trois mois obligatoire », étendu en « service militaire d’un an pour ceux qui le souhaitent ». Marine Le Pen prévoit, elle, « le rétablissement progressif d’un service militaire » obligatoire, de trois mois minimum.

Qu’en est-il du service civique ?

Benoît Hamon privilégie une valorisation du service civique. Ce dispositif a été créé en 2010 sous le gouvernement de François Fillon pour encourager l’engagement citoyen des jeunes de 16 à 25 ans. Ceux-ci peuvent, sur la base du volontariat, prendre part à des missions d’intérêt général de 6 à 12 mois dans les domaines de l’éducation, de la solidarité, de la santé, de la culture ou de l’environnement. Depuis son lancement, 200 000 jeunes en ont bénéficié, selon les derniers chiffres fournis début mars par le ministère de la Jeunesse. Le candidat du Parti socialiste souhaite valoriser ce programme en permettant aux jeunes volontaires ayant effectué un service civique de valider des « unités d’enseignements universitaires ».