21 mars 2017

Tout s'explique

Les questions internationales dans la campagne

Quel budget proposent-ils de consacrer à la défense ?

François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon étaient invités hier soir à débattre sur TF1 en vue de l’élection présidentielle. Interrogés sur la place de la France dans le monde, ils ont abordé le sujet du budget consacré à la défense. En 2006, la France s’est engagée avec les autres pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) à y consacrer 2 % de son PIB, contre 1,77 % dans le budget 2017. Benoît Hamon et François Fillon prévoient de parvenir à ce niveau lors du quinquennat, tandis qu’Emmanuel Macron porte le délai à 2025. Marine Le Pen, qui souhaite sortir la France de l’Otan, assure qu’elle atteindra les 2 % dès 2018 puis 3 % d’ici la fin du quinquennat. François Fillon a réagi en disant que c’était « impossible ». Le budget de la défense, de 32,7 milliards d’euros pour l’année 2017, devrait alors doubler.

Quelles relations souhaitent-ils entretenir avec la Russie ?

« Je ne construirai pas mon indépendance en allant me rapprocher de M. Poutine », a déclaré Emmanuel Macron. Benoît Hamon a vivement critiqué l’annexion de la région ukrainienne de Crimée par la Russie en 2014 face à Jean-Luc Mélenchon et François Fillon qui sont, tout comme Marine Le Pen, plus sensibles au point de vue de Moscou. Le premier prévoit de convoquer une « conférence de sécurité de l’Atlantique à l’Oural », qui permettrait de rediscuter « de toutes les frontières issues de l’ancienne Union soviétique » et d’aborder ainsi la question de la Crimée. François Fillon s’est montré clément vis-à-vis de l’intervention russe, déclarant que « nous-mêmes nous avons modifié des frontières » en mentionnant l’exemple du Kosovo (1999), soutenant le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ».

Que proposent-ils pour combattre le terrorisme islamique ?

François Fillon propose en outre de collaborer avec la Russie pour combattre le terrorisme islamique. « La lutte de la France contre Daech est un échec, nous aurions dû la conduire avec la Russie et les partenaires du Proche-Orient », a-t-il déclaré, sans jamais répondre aux interjections de Benoît Hamon pour savoir s’il conduirait cette lutte « aux côtés du régime de Bachar el-Assad ». Le candidat socialiste suggère quant à lui d’arrêter « la lune de miel que nous avons eue avec un certain nombre de monarchies sunnites comme le Qatar ou les Émirats arabes unis » et d’augmenter « l’aide au développement à 0,7 % du PIB » (contre 0,37 % fin 2016) pour les pays les plus pauvres afin de garantir la paix après les interventions armées.