28 mars 2017

Tout s'explique

Quatre candidats devant les patrons

Qu’espère le Medef du prochain président de la République ?

Jacques Cheminade, François Fillon, Marine Le Pen et Emmanuel Macron se sont exprimés ce matin devant plusieurs organisations patronales (Afep, CCI France, Groupement des entreprises de service, Ethic et Cercle de l’Industrie) à l’invitation du Medef, qui accueillera d’autres candidats à l’élection présidentielle le 5 avril. Dans un ouvrage publié en février, intitulé « Le monde change, changeons la France », le Medef a présenté ses propositions pour redresser l’économie autour de quatre thématiques : flexibilité du marché du travail, simplification du droit du travail, renforcement de la formation et baisse de la fiscalité. Le Medef réclame notamment la transformation du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en « allègements directs de charges sociales » et une nouvelle baisse de cotisations de 30 milliards d’euros, qu’il propose de financer par deux points de TVA supplémentaires et une réduction des dépenses publiques.

Que proposent les candidats pour la fiscalité et les cotisations des entreprises ?

Premier à s’exprimer ce matin, Jacques Cheminade, du mouvement Solidarité et Progrès, s’est dit en faveur d’une transformation du CICE « en diminution de charges immédiate », tout comme François Fillon et Emmanuel Macron. Le candidat du parti Les Républicains propose en plus « 40 milliards de baisse de charges et d’impôts pour les entreprises ». Marine Le Pen envisage aussi la fusion de « l’ensemble des dispositifs d’allègement des charges sociales », mais oriente son programme « prioritairement vers les TPE, PME, PMI ». Pour celles-ci, elle compte baisser les cotisations des entreprises « sous condition de maintien de l’emploi ». Elle a mis en avant une autre mesure : la création d’un taux de l’impôt sur les sociétés à 24 % (alors que le taux normal est de 33 %) pour les PME et les entreprises de taille intermédiaire (entre 250 et 5 000 salariés).

Comment souhaitent-ils faire évoluer la durée du temps de travail ?

François Fillon a apporté des précisions sur la suppression de la durée légale du travail de 35 heures qu’il est le seul à souhaiter. S’il est élu, il veut l’abroger « dès juillet 2017 » et ouvrir la négociation « aux entreprises par des accords majoritaires ». Puis, « au bout de 18 mois », il compte « faire le bilan » pour « fixer une durée de référence » pour les entreprises qui ne sont pas parvenues à un accord ou qui se créent. Sur ce point, il a répété ne rien avoir fixé à l’avance, même si sa « conviction » est qu’elle « doit être autour de 39 heures ». Emmanuel Macron s’est également montré favorable à la fixation du temps de travail par des accords d’entreprise. Marine Le Pen souhaite des négociations de branche dans la limite « d’une compensation salariale intégrale » (39 heures payées 39). Emmanuel Macron, Marine Le Pen et Jacques Cheminade s’accordent sur la défiscalisation des heures supplémentaires.