3 avril 2017

Tout s'explique

Crise politique au Venezuela

Sur quelles décisions la Cour suprême vénézuélienne a-t-elle décidé de revenir ?

Les juges de la Cour suprême du Venezuela, favorables au président Nicolas Maduro, ont annulé samedi trois de leurs décisions récentes. Après avoir levé l’immunité parlementaire des députés mardi, ils s’étaient octroyé jeudi les pouvoirs du Parlement, dominé par l’opposition, s’attribuant ainsi le pouvoir législatif en plus du pouvoir judiciaire. Ils avaient également confié au président des pouvoirs élargis lui permettant de légiférer en matière de terrorisme, de corruption et de justice militaire. Le président du Parlement vénézuélien, mais aussi les États-Unis, l’Union européenne ou les Nations unies avaient dénoncé un « coup d’État ». Nicolas Maduro a demandé à la Cour suprême de revenir sur ses décisions pour mettre fin à la « controverse ».

Quelle est la place de l’opposition dans le pays ?

L’opposition, représentée par la coalition Table de l’unité démocratique (MUD), constitue la première force au Parlement vénézuélien depuis les élections législatives de décembre 2015, lors desquelles elle a remporté 112 des 167 sièges à l’Assemblée nationale, contre 55 pour le Parti socialiste unifié du Venezuela, le parti qui soutient la « révolution bolivarienne » initiée par Hugo Chavez et poursuivie par Nicolas Maduro. Depuis janvier 2016, la Cour suprême a cependant déclaré nuls tous les votes du Parlement. La MUD avait appelé samedi à un rassemblement dans la capitale Caracas pour réclamer la destitution du président. En mai 2016, la coalition avait lancé une pétition pour recueillir les voix nécessaires à l’organisation d’un référendum révocatoire, dont la tenue a finalement été invalidée en octobre par le Conseil national électoral, l’autorité en charge des élections.

Quelle est la situation économique du Venezuela ?

Le Venezuela possède les premières réserves de pétrole au monde, dont le pays tire 96 % de ses revenus. Face à la chute des prix du pétrole et en raison d’une économie peu diversifiée, il fait face depuis 2015 à une crise économique sans précédent. Le Fonds monétaire international (FMI) estime que l’inflation sera de 1 660 % d’ici fin 2017. Son taux de chômage est passé de 7,5 % en 2013 à 18,1 % en 2016, selon le FMI. De nombreux produits et aliments, importés dans le pays, sont actuellement rationnés ou indisponibles, la pénurie concernant 68 % des produits de base.