4 avril 2017

Tout s'explique

La Russie face au terrorisme

Où en est l’enquête concernant l’attentat de Saint-Pétersbourg ?

Une explosion survenue hier dans le métro à Saint-Pétersbourg a fait 14 morts et 49 blessés, selon le dernier bilan communiqué ce matin par la ministre russe de la Santé. Les forces de sécurité ont déjoué une seconde attaque en désamorçant une bombe dans une station de métro du centre historique de la ville. Aucune revendication n’a pour l’instant été formulée. Les enquêteurs ont déclaré qu’il s’agissait d’un attentat et disent avoir identifié son auteur, un ressortissant kirghize. Né en 1995, il est originaire de la région d’Och, dans le sud-ouest du pays, où ont été recrutés plusieurs centaines de djihadistes du groupe État islamique. Les enquêteurs estiment qu’il a aussi posé la deuxième bombe.

Quels sont les précédents attentats en Russie ?

L’attentat d’hier est le premier commis dans la ville de Saint-Pétersbourg. La précédente attaque terroriste sur le sol russe s’est déroulée le 24 mars, contre une base militaire dans la république autonome de Tchétchénie, dans le sud-ouest du pays, faisant six morts. Le groupe État islamique, qui l’a revendiquée, s’était également déclaré responsable du crash d’un avion reliant l’Égypte à la Russie, qui avait explosé en plein vol avec 224 passagers en octobre 2015. Cet attentat était survenu un mois après l’intervention de l’armée russe en Syrie et les appels du groupe djihadiste à viser le pays. En novembre, les services secrets russes ont interpellé dix personnes à Moscou et Saint-Pétersbourg soupçonnées de préparer des attentats, originaires du Tadjikistan et du Kirghizstan, deux des ex-républiques soviétiques d’Asie centrale.

Quels sont les liens entre les activistes du Caucase et le groupe État islamique ?

La rébellion armée islamiste dans le Caucase russe, où sont situées les républiques autonomes de Tchétchénie, du Daguestan, d’Ingouchie et d’Ossétie du Nord, milite pour l’indépendance de la région et la création d’une république islamique. En juin 2015, ses dirigeants ont prêté allégeance au groupe État islamique. Selon le centre antiterroriste de la Communauté des États indépendants (qui regroupe neuf des anciennes républiques soviétiques), au moins 2 000 Russes combattaient dans les rangs de l’organisation terroriste en Syrie et en Irak en 2015. Cette rébellion a perpétré de nombreux attentats dans le Caucase mais aussi en dehors de la région. Elle a revendiqué un attentat à l’aéroport de Domodedovo à Moscou en janvier 2011 et une explosion dans la gare de Volgograd en décembre 2013.