5 avril 2017

Tout s'explique

Attaque chimique en Syrie

Pourquoi s’agit-il d’une attaque chimique ?

Entre 60 et 100 personnes, selon les sources, ont été tuées hier matin lors d’une frappe aérienne dans une ville tenue par la rébellion au nord de la Syrie. Les vidéos filmées après l’attaque montrent des habitants suffoquant. L’Organisation mondiale de la santé a précisé aujourd’hui que certaines victimes présentaient des symptômes évoquant une exposition à des produits chimiques. « On sait que c’est une attaque chimique parce qu’il n’y a pas de blessure visible. On a des gens qui décèdent à la suite de l’inhalation de ces gaz toxiques », a déclaré sur CNews Françoise Sivignon, présidente de Médecins du monde. Une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies était organisée cet après-midi. Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont présenté un projet de résolution condamnant l’attaque et appelant à une enquête complète et rapide.

Qui est responsable de l’attaque ?

François Hollande a dénoncé hier la « responsabilité » du régime syrien et appelé aujourd’hui à des sanctions. La Maison-Blanche et le président du Conseil européen Donald Tusk ont également mis en cause le régime de Damas, qui a démenti tout usage de « substance chimique ou toxique ». Le ministère russe de la Défense a affirmé aujourd’hui que c’était bien l’aviation syrienne qui avait bombardé la ville, mais que celle-ci avait visé un « entrepôt » des rebelles où étaient conservées des « substances toxiques ». Un spécialiste des armes chimiques, Olivier Lepick, interrogé par Le Parisien, juge cependant cette hypothèse « fantaisiste » : « Si une bombe touche un entrepôt dans lequel un neurotoxique est stocké, vous aurez peut-être une fuite d’agent chimique et quelques victimes, mais cela ne produirait pas les effets constatés mardi. »

Quelles sont les précédentes attaques chimiques ?

En août 2013, un massacre à l’arme chimique a fait plusieurs centaines de victimes à la Ghouta, près de Damas. Barack Obama, qui avait fait de l’utilisation d’armes non conventionnelles une « ligne rouge », et François Hollande avaient menacé le régime de Damas d’une intervention militaire. Bachar el-Assad, le dirigeant syrien, avait alors accepté de renoncer à ses stocks d’armes chimiques. Barack Obama avait finalement renoncé à s’engager militairement. En août 2016, un rapport de l’ONU a conclu que des hélicoptères militaires syriens avaient répandu du gaz de chlore sur deux localités au nord-ouest du pays en avril 2014 et en mars 2015.