7 avril 2017

Tout s’explique

Les États-Unis bombardent une base militaire syrienne

Pourquoi les États-Unis ont-ils frappé la Syrie ?

La Maison-Blanche a annoncé hier avoir frappé la base aérienne de Shayrat, dans l’ouest de la Syrie, en réaction à un bombardement qui a causé mardi la mort d’au moins 80 personnes dans une ville tenue par la rébellion syrienne. Les États-Unis, qui accusent le régime de Bachar el-Assad d’avoir mené l’attaque avec des armes chimiques, ont visé cette base d’où ils estiment que les avions ont décollé. Lors d’une allocution télévisée, Donald Trump a déclaré qu’il était « dans l’intérêt vital des États-Unis d’empêcher et de dissuader l’usage d’armes chimiques mortelles ». Pour Jean-Marc Ayrault, ministre français des Affaires étrangères, « les frappes américaines en Syrie sont un “signal” qui doit conduire Russes et Iraniens à comprendre qu’ils ne peuvent plus soutenir le régime de Bachar el-Assad ».

Comment la Russie a-t-elle réagi ?

Vladimir Poutine a dénoncé dans un communiqué une « agression contre un État souverain en violation du droit international et menée sous un faux prétexte ». Le ministère russe des Affaires étrangères a demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies. Déjà rassemblé depuis mercredi, le Conseil de sécurité n’est pas parvenu à un accord sur les sanctions à prendre à l’égard du régime syrien. La Russie s’est opposée à l’adoption d’une résolution, estimant que l’implication du gouvernement de Bachar el-Assad dans l’attaque chimique n’est pas confirmée. Selon Moscou, l’attaque n’a pas été menée avec des armes chimiques et visait un entrepôt contenant des réserves de substances toxiques.

Quelle était la nature des opérations américaines en Syrie jusqu’ici ?

La frappe lancée hier par les États-Unis constitue la première opération militaire du pays contre le régime syrien. Jusqu’ici, les États-Unis n’avaient pas mené d’action directe contre le gouvernement de Bachar el-Assad. Ils n’étaient intervenus militairement dans le conflit syrien qu’à travers la coalition internationale de lutte contre les groupes islamistes, qui rassemble plus de 20 pays, dont la France, l’Arabie saoudite et le Royaume-Uni. Celle-ci a mené ses premières frappes en septembre 2014. Depuis, le gouvernement américain a déployé des militaires américains sur place. Début mars, il a envoyé 400 nouveaux soldats pour renforcer la présence des 500 militaires déjà présents dans le nord du pays qui appuient la préparation d’une offensive contre Rakka, fief syrien du groupe État islamique.