11 avril 2017

Tout s’explique

Le camp de Grande-Synthe ravagé par un incendie

Que s’est-il passé au camp de Grande-Synthe ?

Un incendie, déclenché hier en fin de soirée, a ravagé dans la nuit le camp de migrants de La Linière, situé dans la commune de Grande-Synthe, près de Dunkerque. La quasi-totalité des cabanons en bois du site ont été détruits. La préfecture du Nord précise dans un communiqué que des « affrontements entre résidents » ont « entraîné l’incendie ». Dans l’après-midi, une rixe entre des migrants afghans et des migrants kurdes a été interrompue par l’intervention de CRS. Une deuxième bagarre s’est déclenchée plus tard dans la soirée. Six personnes sont blessées, selon la préfecture. Le maire de la ville, Damien Carême, a déclaré aujourd’hui à La Voix du Nord attendre les résultats de l’enquête pour déterminer les causes.

Pourquoi ce camp avait-il été mis en place ?

La mairie de Grande-Synthe, l’ONG Médecins sans frontières et la communauté d’agglomération de Dunkerque ont financé la création en mars 2016 du camp humanitaire de La Linière, le premier en France à respecter les normes internationales. Près de 300 cabanons en bois, dans lesquels pouvaient être logées quatre personnes, avaient été construits pour accueillir des migrants installés à proximité dans un camp insalubre. À la suite de la signature d’une convention avec la mairie de Grande-Synthe, l’État a pris le contrôle du camp de la Linière en mai 2016, dans le but de le fermer « à terme », après une « réduction progressive » du nombre de ses occupants. Le mois dernier, le gouvernement avait signé une nouvelle convention prolongeant de six mois sa gestion du camp.

Quelles solutions de relogement sont proposées aux migrants ?

Sur les 1 500 migrants du camp de La Linière, près de 700 ont trouvé refuge dans des gymnases ouverts par la commune de Grande-Synthe, selon l’association d’aide L’Auberge des migrants, qui a effectué plusieurs rondes dans la nuit. Les ministres de l’Intérieur et du Logement, Matthias Fekl et Emmanuelle Cosse, ont annoncé vouloir procéder à « l’accélération de l’accueil » dans les centres d’accueil et d’orientationdes migrants souhaitant déposer une demande d’asile. L’État a créé 301 centres de ce type depuis octobre 2015, répartis sur l’ensemble du territoire. Les migrants y disposent d’un accompagnement juridique et social ainsi que d’un suivi sanitaire, le temps de faire leur demande d’asile. 7 400 migrants ont transité par ces lieux depuis leur création, a déclaré le ministère du Logement en janvier.