26 avril 2017

Tout s'explique

Divisions face au duel Le Pen-Macron

Quelle est l’attitude des vaincus du premier tour face au duel Le Pen-Macron ?

Après François Fillon et Alain Juppé, Nicolas Sarkozy a annoncé aujourd’hui sur Facebook son intention de voter pour Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle. « Je considère que l’élection de Marine Le Pen et la mise en œuvre de son projet entraîneraient des conséquences très graves pour notre pays et pour les Français », explique-t-il. Face à la réticence de plusieurs responsables, comme Laurent Wauquiez ou Éric Ciotti, le bureau politique du parti Les Républicains s’est contenté lundi soir d’appeler « à voter contre Marine Le Pen pour la faire battre au second tour », une formulation susceptible d’inclure le vote blanc. Si le PS a appelé à voter Emmanuel Macron, le mouvement La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon s’en remet au vote en ligne de ses militants qui ont à choisir entre trois propositions : vote Macron, vote blanc ou abstention.

Qu’est-ce que le « front républicain » ?

Marine Le Pen a dénoncé lundi « le vieux “front républicain” tout pourri, dont plus personne ne veut ». L’expression a été utilisée fin 1955 par le journaliste Jean-Jacques Servan Schreiber, cofondateur de L’Express, pour désigner une coalition de centre gauche formée en vue des élections législatives de janvier 1956 pour contrer le mouvement populiste de Pierre Poujade. Elle ressurgit dans les années 1980 pour qualifier le retrait volontaire entre deux tours d’une élection de la liste placée en troisième position dans le but d’empêcher la victoire du Front national. En 2002, le score de 82,2 % obtenu par Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen est attribué au front républicain, la plupart des responsables de gauche ayant appelé à soutenir le candidat de droite face à celui du Front national.

Comment la ligne de conduite des partis a-t-elle évolué ?

Contrairement à la gauche, adepte régulière du rassemblement contre le Front national lors d’un deuxième tour dont elle est absente, la droite a évolué sur la question. À partir des élections régionales de 1998, marquées par une forte progression du FN, ce principe prévaut à droite. Après le premier tour des cantonales en 2011, la position officielle de l’UMP devient de ne prendre parti ni pour le FN ni pour le PS (règle dite du « ni ni »). En 2015, cette position est confirmée à l’issue d’un vote serré du bureau politique, certains comme Nicolas Sarkozy défendant une formule plus souple : faire barrage au FN sans appeler à voter PS. Nathalie Kosciusko-Morizet, qui refuse d’appliquer la ligne du parti, est exclue de sa direction fin 2015, peu après les élections régionales.