2 mai 2017

Tout s'explique

Le Hamas change de position sur les frontières palestiniennes

Comment le Hamas a-t-il modifié sa charte ?

Lors d’une conférence organisée hier à Doha, au Qatar, le chef de l’organisation politique et militaire palestinienne du Hamas, Khaled Mechaal, a présenté la nouvelle ligne directrice de son mouvement qui exerce le pouvoir dans la bande de Gaza. Pour la première fois depuis sa création en 1987, le Hamas a modifié sa charte de fonctionnement, dans laquelle il reconnaît désormais que « l’établissement d’un État palestinien indépendant et souverain, avec Jérusalem pour capitale, dans les frontières du 4 juin 1967 » constitue une « formule de consensus national ». Ces frontières correspondent à celles établies avant la guerre des Six Jours, c’est-à-dire limitées à Jérusalem-Est, la bande de Gaza et la Cisjordanie. Jusqu’à présent, le Hamas militait exclusivement pour un État palestinien occupant tout le territoire situé entre la Jordanie et la mer Méditerranée (État d’Israël compris).

Qu’est-ce que cela change pour Israël ?

Le Hamas maintient toutefois son objectif territorial initial pour la Palestine. « Le Hamas lutte pour la libération de toute la Palestine, mais est disposé à soutenir un État dans les frontières de 1967, sans toutefois reconnaître Israël ou céder le moindre droit », a précisé Khaled Mechaal. Autre changement : l’organisation insiste sur le caractère politique de son opposition à l’État juif, affirmant être « en conflit avec le projet sioniste et non avec les juifs en raison de leur religion ». « Le Hamas tente de duper le monde, mais il ne réussira pas », a réagi David Keyes, porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahou.

Dans quel contexte intervient cette décision ?

Ces amendements ont eu lieu deux jours avant la rencontre prévue entre le président des États-Unis Donald Trump et celui de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, membre du Fatah. Jusqu’ici, le Hamas s’opposait à ce parti politique qui plaide pour la reconnaissance d’un État palestinien selon les frontières de 1967. Celles-ci servent aussi de base aux négociations visant à mettre fin au conflit israélo-palestinien. En janvier, des représentants de 75 pays, réunis à Paris lors de la conférence de paix sur le Proche-Orient, ont rappelé leur souhait de s’en tenir à ces frontières. Khaled Mechaal a déclaré espérer que cette nouvelle charte « marquera un changement de position des pays européens » envers son organisation, alors que l’Union européenne considère le Hamas comme un groupe terroriste.