3 mai 2017

Tout s’explique

L’UE affiche sa fermeté face au Brexit

Pourquoi les négociations sur le Brexit se tendent-elles ?

Un mois après le déclenchement du processus de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne par la Première ministre britannique Theresa May, le négociateur en chef de la Commission européenne Michel Barnier a présenté ce matin les principes devant guider les tractations. Il a détaillé les consignes de fermeté adoptées samedi à l’unanimité par les dirigeants des 27 pays membres (sans Londres), rappelant notamment qu’aucune discussion sur un futur accord commercial ne devait avoir lieu tant que les modalités de la sortie n’étaient pas réglées. Il a également insisté sur la préservation des droits des citoyens européens résidant au Royaume-Uni. Après un dîner la semaine dernière avec Theresa May, le président de la Commission Jean-Claude Juncker a jugé que Londres « sous-estimait les difficultés techniques » de la négociation. Le dîner a été très tendu, selon un long récit publié dimanche par le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Qu’est-ce que la « facture » du Brexit ?

Michel Barnier a déclaré que Londres devrait honorer en une fois « tous les engagements qu’il a pris en tant que membre de l’Union », afin de « solder le passé ». Hier soir, le Financial Times affirmait que le montant réclamé par la Commission pourrait atteindre 100 milliards d’euros. Fin février, le chancelier autrichien avait mentionné la somme de 60 milliards. Cette somme regroupe les engagements du Royaume-Uni au titre du budget européen, la quote-part du pays dans les programmes financés par l’UE et sa participation au paiement des pensions de retraite des fonctionnaires européens. Selon le Financial Times, les négociateurs européens ont intégré dans leurs estimations, à la demande de plusieurs États membres dont la France, l’Allemagne et la Pologne, des coûts supplémentaires liés aux subventions agricoles et au fonctionnement administratif de l’Union en 2019 et 2020.

Comment Tony Blair entend-il peser dans le débat ?

À un mois des élections législatives prévues le 8 juin au Royaume-Uni, l’ancien Premier ministre travailliste Tony Blair, 63 ans, a annoncé dimanche son retour dans le débat public pour peser sur les négociations de sortie de l’Union européenne, bien que sa popularité reste affectée par sa décision de participer à la guerre en Irak en 2003. « Il ne s’agit pas de contester la volonté du peuple, a-t-il expliqué, mais de dire que la volonté du peuple peut changer quand ils verront l’accord final. » Il a exclu de chercher à redevenir parlementaire et réitéré son opposition aux orientations du parti travailliste et de son dirigeant actuel Jeremy Corbyn.