4 mai 2017

Tout s'explique

Le débat d’entre-deux-tours en trois mots

Qu’est-ce que l’UOIF ?

Nous vous proposons de passer en revue trois mots qui ont émaillé les affrontements hier soir entre les deux finalistes de la présidentielle. Marine Le Pen a accusé son opposant de complaisance vis-à-vis de l’UOIF, après l’avoir soupçonné le 25 avril sur TF1 d’être « entre les mains » de cette organisation qu’elle juge extrémiste. L’Union des organisations islamiques de France est une fédération regroupant plus de 250 associations musulmanes, dont une centaine de mosquées. En 2014, elle est apparue sur une liste d’organisations terroristes des Émirats arabes unis, en raison de sa proximité avec la confrérie des Frères musulmans, ce dont elle se défend. L’UOIF a appelé à voter pour Emmanuel Macron au deuxième tour, mais démenti tout lien avec le candidat. « Si l’UOIF respecte les lois de la République, je n’ai pas à l’interdire », a déclaré ce dernier mardi sur BFMTV.

À quoi correspondait l’ECU ?

Marine Le Pen a cherché hier à clarifier ses propositions sur l’abandon de la monnaie unique en précisant qu’elle souhaitait « renégocier pour que l’euro, on s’en libère et on le transforme en monnaie commune ». Elle a pris comme référence l’ECU, le « panier de monnaies » qui « existait juste avant ». Cette monnaie commune serait, si elle est élue, l’instrument de paiement des grandes entreprises, tandis que les Français auraient une « monnaie nationale » dans leur portefeuille. Disparu en 1999, l’unité de compte européenne (European currency unit) était un indicateur basé sur les devises européennes et utilisé pour stabiliser les cours de change : les devises ne pouvaient s’en écarter de plus de 2,25 %. Ce n’était donc pas un instrument de paiement. Jusqu’en 1996, la monnaie unique devait s’appeler l’ECU, mais l’Allemagne s’y était opposée en raison de sa proximité avec le mot vache (« Kuh »).

Pourquoi a-t-il été question des Bahamas ?

À la fin des échanges, Marine Le Pen a interpellé Emmanuel Macron : « J’espère qu’on n’apprendra pas que vous avez un compte offshore aux Bahamas. » Juste avant le débat, un internaute utilisateur du forum 4chan avait diffusé des documents censés attester un montage financier du candidat, relayés ensuite sur les réseaux sociaux. Ce matin, la candidate du Front national a admis sur BFMTV ne pas « avoir de preuves », mais expliqué qu’elle avait jugé nécessaire de l’interroger. « C’est typique de ce que l’on appelle les fake news, et donc madame Le Pen lance cela, elle a derrière des troupes sur Internet qui se mettent en place », a réagi Emmanuel Macron sur France Inter. Le candidat a porté plainte pour « faux et usage de faux » et « propagation de fausse nouvelle destinée à avoir une influence sur le scrutin ». Le parquet a ouvert une enquête.