9 mai 2017

Tout s'explique

Un nouveau président en Corée du Sud

Qui est Moon Jae-in, le nouveau président sud-coréen ?

Les 42,5 millions d’électeurs sud-coréens étaient appelés à choisir aujourd’hui un nouveau président de la République, pour succéder à Park Geun-hye, destituée le 10 mars. Moon Jae-in a été élu avec 41,4 % des voix, contre 23,3 % pour le conservateur Hon Joon-pyo, selon les sondages de sortie des urnes. Élu au suffrage universel direct après un scrutin à un tour, exigeant uniquement une majorité relative pour l’emporter, il dirigera le pays durant un mandat de cinq ans non renouvelable. Candidat du Parti démocrate à tendance sociale-libérale, Moon Jae-in, âgé de 64 ans, se présentait pour la deuxième fois à l’élection présidentielle, après avoir été battu par Park Geun-hye en 2012. Ancien avocat spécialisé dans la défense des droits de l’homme, il a fait ses débuts en politique au côté de son associé Roh Moo-hyun, qui a dirigé le pays de 2003 à 2008 et dont il a été le conseiller.

Comment compte-t-il gouverner le pays ?

Moon Jae-in sera investi dès demain. Son parti représente la force principale au Parlement mais ne dispose pas de la majorité, avec 120 sièges sur 300. En attendant les prochaines élections législatives prévues en 2020, Moon Jae-in, qui ne peut pas en avancer la date, sera confronté aux élus conservateurs de différents partis qui totalisent 127 sièges. Moon Jae-in entend réformer la législation à l’égard des « chaebols » (Samsung, Hyundai, LG, etc.) pour en finir avec les conflits d’intérêts entre la classe politique et ces conglomérats industriels familiaux, dont l’économie sud-coréenne est dépendante. Ces collusions ont mené à la destitution de Park Geun-hye après la révélation d’un grand scandale de corruption.

Quelles relations entend-il avoir avec la Corée du Nord ?

Le nouveau chef de l’État souhaite renouer le dialogue avec la Corée du Nord, avec qui le pays est toujours officiellement en guerre malgré la signature d’un armistice en 1953. « Je pense que nous devons reprendre la main sur le sujet de la péninsule coréenne », a-t-il déclaré au Washington Post dans une interview publiée le 2 mai, au cours de laquelle il s’est refusé à ce que son pays reste spectateur des discussions menées par son allié américain avec la Chine et la Corée du Nord. Il est opposé au système antimissiles déployé par les États-Unis, opérationnel depuis début mai et mis en place après une série de tests de missiles nord-coréens. Il entend s’impliquer dans le programme de désarmement nucléaire nord-coréen et s’est dit prêt à en discuter directement avec le leader nord-coréen Kim Jong-un.