16 mai 2017

Tout s'explique

Les « Nouvelles Routes de la soie » en projet

En quoi consiste le projet chinois de « Nouvelles Routes de la soie » ?

La Chine a accueilli dimanche et hier, à Pékin, le premier sommet international sur les « Nouvelles Routes de la soie ». Près d’une centaine de pays étaient représentés et 29 chefs d’État et de gouvernement, parmi lesquels le Russe Vladimir Poutine et le Turc Recep Tayyip Erdogan, avaient fait le déplacement. Ce projet, également appelé « One belt, one road » (« Une ceinture, une route ») est porté par le président chinois Xi Jinping depuis son arrivée au pouvoir en 2013. Il consiste à favoriser les échanges commerciaux entre la Chine et 68 pays partenaires via un tracé reliant l’Asie à l’Europe et à l’Afrique, par la terre et par la mer, sur lequel doivent être aménagées de nouvelles infrastructures (autoroutes, chemins de fer, ports, ponts). Selon plusieurs médias d’État chinois, le programme d’investissements déjà engagé par la Chine est de l’ordre de 1 000 milliards de dollars.

Que lui reprochent les Européens ?

Six pays européens se sont tenus en retrait des discussions finales. L’Allemagne, l’Estonie, la France, la Grèce, le Portugal et le Royaume-Uni ont refusé de signer un communiqué commun avec les autres pays portant sur le commerce international, proposé par Pékin. Ils estiment que le projet ne répond pas aux besoins des entreprises européennes d’obtenir un accès plus facile au marché chinois. Dimanche, la ministre allemande de l’Économie, Brigitte Zypries, avait déclaré : « Jusqu’à présent, les demandes des pays de l’Union européenne en matière de libre-échange, portant sur l’uniformisation des règles et des conditions d’accès, n’ont pas été respectées. »

Quelle est l’origine de la route de la soie ?

Le projet chinois s’inspire de l’ancien réseau de routes commerciales, terrestres et maritimes développées entre l’Asie et l’Europe dans l’Antiquité. La route de la soie d’origine reliait la ville de Chang’an (actuellement Xi’an) à la Méditerranée, couvrant 7 000 kilomètres en passant par des territoires qui appartiennent aujourd’hui à l’Inde, au Pakistan, à l’Iran, à l’Irak et à la Turquie. Les premières traces de ce trajet remontent à environ 2 000 av. J.-C. La route de la soie s’est particulièrement développée sous les dynasties chinoises Han (206 av. J.-C. à 220 ap. J.-C.) et Tang (618-907). Elle a été abandonnée progressivement à partir du XVe siècle en raison des conflits en cours dans la région et du développement du transport maritime.