18 mai 2017

Tout s'explique

Un procureur spécial pour enquêter sur les liens entre l’équipe Trump et la Russie

Pourquoi un procureur spécial est-il nommé ?

Le procureur général adjoint des États-Unis a nommé hier un procureur spécial pour enquêter sur les possibles liens entre des responsables de la campagne présidentielle de Donald Trump et le pouvoir russe. Ce procureur spécial, Robert Mueller, un ancien directeur du FBI, jouit d’une réputation d’indépendance autant chez les Républicains que chez les Démocrates. Cette nomination était demandée par de nombreux parlementaires démocrates, mais aussi par certains Républicains. Elle intervient après le limogeage le 9 mai par Donald Trump du directeur du FBI James Comey, une décision dont le président a finalement admis deux jours plus tard qu’elle était liée à l’enquête ouverte par le FBI sur sa campagne. Mardi, le New York Times a dévoilé le contenu d’une note de James Comey où il raconte que le président lui avait dit espérer qu’il pourrait « laisser tomber » ces investigations.

Quels sont les précédents ?

Un procureur spécial peut être nommé sur décision du département de la Justice lorsque des soupçons concernent des responsables publics de haut rang. Cet enquêteur jouit d’une plus grande indépendance qu’un procureur fédéral classique. S’il doit rendre des comptes au département de la Justice, il ne peut être destitué qu’en cas de faute grave. Au début des années 1990, l’enquête du procureur spécial Kenneth Starr avait débouché sur une procédure de destitution (infructueuse) contre Bill Clinton, soupçonné d’avoir menti en niant des relations sexuelles avec une stagiaire de la Maison-Blanche. En 1973, un procureur spécial, Archibald Cox, avait enquêté sur l’affaire du Watergate (l’espionnage du Parti démocrate à Washington à la demande du président Nixon qui a préféré démissionner).

Quelles sont les autres accusations visant Donald Trump ?

Depuis la semaine dernière, les révélations s’enchaînent sur les relations entre les proches de Trump et le pouvoir russe. Aujourd’hui, l’agence Reuters affirme que des conseillers de Donald Trump ont été en contact avec des responsables russes à au moins 18 reprises pendant la campagne de l’élection présidentielle. En janvier, la Maison-Blanche avait démenti tout lien avec des responsables russes durant cette période. En début de semaine, le Washington Post a révélé que Donald Trump avait livré au ministre russe des Affaires étrangères, lors d’une rencontre à la Maison-Blanche la semaine passée, des informations hautement confidentielles concernant la capacité du groupe État islamique à utiliser des ordinateurs portables pour mener des attentats.