19 mai 2017

Tout s'explique

Macron au Mali pour réaffirmer l’engagement militaire de la France

Quel est l’objet de la visite d’Emmanuel Macron au Mali ?

Le président de la République Emmanuel Macron, accompagné des ministres de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et des Armées, Sylvie Goulard, effectuait aujourd’hui un déplacement au Mali, sur la base de Gao où sont stationnés 1 600 militaires français. Pendant la campagne de la présidentielle, il s’était engagé en cas de victoire à se rendre immédiatement auprès des forces françaises sur le terrain. Emmanuel Macron avait, le jour de son investiture, remonté les Champs-Elysées à bord d’un véhicule militaire et rendu visite à des soldats blessés. Rendant « hommage à nos forces engagées », il a insisté sur la « détermination » de la France face aux djihadistes « pour la sécurité non seulement du Mali, mais du Sahel ». Il a également estimé que les autres pays européens pouvaient « faire davantage, en terme d’appui, en terme de développement et de partenariat d’équipement ».

Où en est l’engagement de l’armée française ?

L’opération Barkhane, à laquelle participent les soldats présents à Gao, a débuté en août 2014. Elle a pris la suite de l’opération Serval, lancée en janvier 2013 pour repousser l’offensive lancée vers la capitale Bamako par des djihadistes qui avaient pris le contrôle du nord du Mali. Cette intervention, décidée par François Hollande, a reçu un large soutien de la communauté internationale. Le rayon d’action de l’opération Barkhane a été étendu à cinq pays (Mali, Burkina Faso, Mauritanie, Niger et Tchad) et mobilise en tout 4 000 hommes. Il s’agit du plus gros déploiement de troupes françaises à l’étranger. Il est appuyé par les forces de la Minusma, une mission de maintien de la paix des Nations unies composée de 12 000 hommes. Emmanuel Macron a affirmé aujourd’hui que la France continuerait à être engagée militairement dans la région.

La menace djihadiste recule-t-elle ?

Selon le ministère des Armées, 400 terroristes ont été arrêtés ou tués depuis le lancement de Barkhane et 20 tonnes d’armes ont été saisies ou détruites. Les djihadistes poursuivent leurs actions depuis le nord du pays où ils ont été repoussés. Les actes terroristes sont en augmentation et s’étendent au centre du pays. Le 18 janvier, un attentat contre un camp militaire a fait une soixantaine de morts à Gao. Le 16 mai, un homme et une femme sont morts lapidés dans la région de Kidal, dans le nord, accusés d’avoir violé la loi musulmane parce qu’ils vivaient en concubinage, rapporte l’AFP. Chercheur spécialiste des relations internationales enseignant à Bruxelles, Yvan Guichaoua estime dans un article publié par le site The Conversation que les forces régulières ne parviennent pas à emporter l’adhésion des populations locales.