22 mai 2017

Tout s'explique

Hassan Rohani réélu président en Iran

Quelles réformes le président Hassan Rohani entend-il poursuivre ?

Le ministère de l’Intérieur iranien a annoncé samedi la large victoire du modéré Hassan Rohani, dès le premier tour de l’élection présidentielle iranienne qui se tenait la veille, avec 57 % des voix. Il devance son principal rival, le conservateur Ebrahim Raisi (38 %). Président sortant, Hassan Rohani a mis en avant dans sa campagne l’accord international prévoyant une limitation du programme nucléaire contre une levée des sanctions négocié sous son impulsion en 2015. Il a insisté sur les bénéfices de cet accord, entré en vigueur en janvier 2016, pour une reprise de l’économie, même si les résultats tardent à se faire sentir sur la réduction du chômage. Il a mis en avant les risques d’une élection de son rival pour les libertés publiques. La mairie de Téhéran a également basculé dans le camp des réformateurs, lors des élections municipales qui avaient lieu simultanément.

Quel est le pouvoir du président iranien ?

Le président est chargé de définir la politique économique, de coordonner la politique de défense, d’effectuer les visites d’État et de conclure des accords internationaux. Il est cependant subordonné au Guide de la révolution qui peut le révoquer. Contrairement au président, élu au suffrage universel pour quatre ans et deux mandats maximum, le Guide de la révolution est désigné à vie par l’Assemblée des experts, un organe composé de 88 religieux dont les membres sont élus par le peuple. Intronisé en 1989, Ali Khamenei est le deuxième Guide suprême depuis la révolution islamique. Il a succédé à Rouhollah Khomeini (1979-1989). Ali Khamenei avait approuvé fin 2015 l’accord sur le nucléaire voulu par le président Hassan Rohani, tout en dénonçant ses « ambiguïtés ».

Où en sont les relations avec les États-Unis ?

Lors de sa campagne pour la présidentielle, Donald Trump avait promis de « déchirer » l’accord sur le nucléaire iranien. Cependant, l’exécutif américain a annoncé la semaine dernière renoncer à rétablir des sanctions économiques contre Téhéran levées dans le cadre de l’accord. Le président américain était ce week-end en Arabie saoudite, qui s’oppose à l’Iran en Syrie et au Yémen. Il a appelé hier « toutes les nations » à « isoler » l’Iran, reprochant au pays son soutien à des groupes terroristes « du Liban à l’Irak en passant par le Yémen ». L’Iran « est attaqué par le président des États-Unis dans ce bastion de la démocratie et de la modération », a ironisé sur Twitter le ministre iranien des Affaires étrangères à propos de l’Arabie saoudite, la soupçonnant de se faire « pomper » son argent par son allié, allusion aux importants contrats commerciaux et militaires signés pendant la visite.