24 mai 2017

Tout s’explique

La loi martiale déclarée dans le sud des Philippines

Pourquoi la loi martiale a-t-elle été déclarée dans le sud des Philippines ?

Le président philippin Rodrigo Duterte a décrété hier soir la loi martiale dans l’île de Mindanao, dans le sud du pays, où vivent environ 20 millions de personnes, plaçant le territoire sous le contrôle de l’armée. Plus tôt dans la journée, dans la ville de Marawi, des combats avaient éclaté lors d’un raid des forces de sécurité contre une maison dans le but d’arrêter Isnilon Hapilon, l’un des responsables du groupe islamiste Abou Sayyaf. Les combattants ont brûlé plusieurs bâtiments publics et des maisons. Aujourd’hui, des djihadistes ont décapité un chef de la police locale et pris en otage plusieurs personnes, dont un prêtre. De retour d’un voyage écourté en Russie, Rodrigo Duterte a déclaré que la loi martiale pourrait être étendue à l’ensemble du pays « pour protéger la population ».

Quels sont les groupes ayant prêté allégeance à l’organisation État islamique ?

Deux organisations ont fait allégeance à Daech ces dernières années. Le groupe Abou Sayyaf est issu d’une rébellion séparatiste au sud du pays à majorité musulmane (tandis que le reste du pays est principalement catholique). Fondé au début des années 1990 avec le soutien d’Al-Qaïda, il pratique des enlèvements contre rançon dans la région et se livre également à la piraterie maritime. Il a décapité cette année un otage allemand et deux Canadiens en 2016, ses demandes de rançon n’ayant pas été satisfaites. Le groupe Maute (du nom de son chef) a été fondé en 2013. Il vise à instaurer un État islamique dans la région. En septembre 2016, il a conduit une attaque à la bombe faisant 16 morts et 70 blessés dans la principale ville de l’île de Mindanao.

D’autres pays d’Asie du Sud-Est sont-ils confrontés à la menace djihadiste ?

Trois autres pays de la région, majoritairement musulmans, sont confrontés aux groupes djihadistes. En janvier 2016, le groupe État islamique a revendiqué plusieurs attentats-suicides à Jakarta (Indonésie) faisant sept morts, dont les cinq terroristes. Les forces de sécurité sont parvenues en juillet 2016 à éliminer le chef djihadiste le plus recherché de l’archipel, fondateur du groupe des Moudjahidines d’Indonésie orientale qui avait fait allégeance à l’organisation État islamique en 2014. En Malaisie, les autorités ont annoncé en mars l’arrestation de sept personnes soupçonnées de liens avec des groupes radicaux qui préparaient un attentat contre des membres de la famille royale saoudienne en visite dans le pays. Au Bangladesh, le massacre de juillet 2016 dans un café de Dacca (22 morts, dont 18 étrangers) a été revendiqué par Daech.