26 mai 2017

Tout s'explique

La fermeté de Donald Trump face à l’Otan

Quelles sont les décisions annoncées lors du sommet de l’Otan ?

Le président américain Donald Trump a obtenu à l’occasion du sommet de l’Otan hier à Bruxelles que l’alliance militaire fasse officiellement partie de la coalition de 68 pays qui lutte contre le groupe État islamique en Irak. L’Otan va augmenter les échanges d’informations avec la coalition, organiser des vols de surveillance et développer la formation des troupes irakiennes. Plusieurs pays européens, dont la France et l’Allemagne, étaient réticents à un tel engagement, craignant la réaction de certains pays arabes. Mais l’attentat de Manchester a donné plus de poids à la demande des États-Unis, soutenue par le Royaume-Uni. Les dirigeants des pays membres ont également inauguré hier le nouveau siège de l’organisation qui a nécessité un investissement de plus d’un milliard d’euros.

Quelle a été l’attitude de Donald Trump ?

Le président américain avait pendant sa campagne électorale qualifié l’Otan d’obsolète, mais était revenu sur ce jugement une fois élu, qualifiant même en avril l’alliance de « rempart pour la paix internationale et la sécurité ». Les représentants des pays européens espéraient que Donald Trump s’engage publiquement, comme ses prédécesseurs, à respecter l’article 5 du traité de l’Otan, qui prévoit que les membres se mobilisent dès que l’un d’eux est attaqué, ce qu’il n’a pas fait. Le président américain a en revanche insisté sur la nécessité d’efforts financiers accrus de la part des autres membres de l’alliance. Il a noté que « 23 des 28 États membres ne payent toujours pas ce qu’ils devraient payer pour leur défense », ce qu’il considère « injuste envers le peuple et les contribuables américains ».

Comment est financée l’organisation ?

Les 28 membres (26 pays européens, les États-Unis et le Canada) contribuent de deux manières au financement de l’organisation. Leurs contributions directes sont fonction de leur poids économique : les États-Unis versent 22 % du budget, l’Allemagne 15 % et la France 11 %. Les contributions indirectes (l’affectation de troupes ou d’équipements) sont les plus importantes, indique le site de l’Otan. Elles sont décidées par chaque pays. Les États-Unis considèrent que certains, comme l’Allemagne, ne sont pas suffisamment engagés et réclament l’augmentation de leurs dépenses militaires. En 2014, les pays membres s’étaient engagés à les augmenter et à les porter à au moins 2 % de leur PIB d’ici 2024. Seule une minorité de pays (les États-Unis, l’Estonie, la Grèce, la Pologne et le Royaume-Uni) dépassent ce seuil.