31 mai 2017

Tout s'explique

Soupçons de conflits d’intérêts autour de Richard Ferrand

Qu’est-il reproché à Richard Ferrand ?

Le Canard enchaîné a révélé le 24 mai que le ministre de la Cohésion des territoires et secrétaire général de La République en marche, Richard Ferrand, était intervenu en 2010 dans une transaction immobilière entre sa compagne Sandrine Doucen et les Mutuelles de Bretagne dont il était le directeur général de 1993 à 2012. Le parquet de Brest a affirmé le 26 mai que les faits relatés ne pouvaient entraîner l’ouverture d’une enquête préliminaire. Le Monde a également dévoilé hier que plusieurs de ses proches, dont sa compagne et son ex-femme, avaient bénéficié de plusieurs contrats avec les Mutuelles de Bretagne. Le quotidien a aussi mis en avant le fait que le député était encore chargé de mission auprès de l’organisme mutualiste quand il a fait partie d’un groupe de parlementaires ayant déposé en 2012 une proposition de loi concernant le secteur des mutuelles.

Que répond-il à ces accusations ?

Invité ce matin sur France Inter, Richard Ferrand a exclu de démissionner du gouvernement : « Je ne le ferai pas, parce que j’ai ma conscience pour moi. Je ne suis pas mis en cause par la justice. » « Tout ce que j’ai fait dans ma vie professionnelle est légal, public, transparent, validé par un conseil d’administration qui a d’ailleurs exprimé son soutien », a-t-il insisté. Auprès du Monde, il s’est justifié hier de son activité de chargé de mission auprès des Mutuelles de Bretagne lorsqu’il était député. « J’ai toujours tenu à conserver une activité professionnelle quels qu’aient été mes mandats », a-t-il expliqué. « Devais-je m’abstenir de défendre un principe au prétexte que je connais bien le sujet ? », a-t-il répondu à propos de sa participation à la proposition de loi sur les mutuelles.

Comment réagit le gouvernement ?

Le Premier ministre Édouard Philippe a déclaré hier soir sur France 2 qu’il n’envisageait pas de se séparer de Richard Ferrand puisqu’il n’est pas mis en cause par la justice. « Un ministre qui serait mis en examen devrait démissionner, il n’y a aucune ambiguïté là-dessus », a-t-il rappelé. Vendredi, il avait affirmé que c’était aux citoyens de la circonscription de Carhaix-Plouguer (Finistère), que brigue Richard Ferrand, de dire s’ils « ont confiance » en lui. Emmanuel Macron a fixé comme règle que les ministres battus aux législatives ne seraient pas reconduits. Selon le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, le président a appelé aujourd’hui lors du Conseil des ministres la presse à « ne pas devenir juge », tout en rappelant l’objectif d’« exemplarité » porté par la loi de moralisation de la vie publique que le gouvernement présentera le 14 juin au Parlement.