2 juin 2017

Tout s'explique

Trump retire les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat

Le retrait des États-Unis remet-il en cause l’accord de Paris sur le climat ?

Donald Trump a annoncé hier qu’il allait mettre fin aux engagements des États-Unis pris dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat, signé en décembre 2015 par 195 pays. Ce traité, ratifié par les États-Unis en septembre 2016, est entré en vigueur en novembre 2016. Les États-Unis s’étaient engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre dans une proportion de 26 % à 28 % d’ici 2025, par rapport à 2005. Donald Trump a émis la possibilité de renégocier un accord plus favorable aux États-Unis. Emmanuel Macron a rejeté cette idée, rappelant que l’accord de Paris sur le climat était « irréversible ». L’accord de Paris sur le climat, s’il n’est pas contraignant, prévoit de contenir le réchauffement climatique « en dessous de 2°C » par rapport au niveau préindustriel. Sans la participation des États-Unis, deuxième plus gros pollueur du monde derrière la Chine, cet objectif risque d’être beaucoup plus difficile à atteindre.

Comment ce retrait sera-t-il mis en œuvre ?

L’accord de Paris sur le climat prévoit une période de trois ans, à partir de son entrée en vigueur, avant qu’un pays puisse enclencher une procédure de sortie. Donald Trump devra donc attendre novembre 2019 avant d’officialiser la demande de retrait des États-Unis. Une année supplémentaire est nécessaire pour organiser une sortie définitive. Le président américain peut choisir d’outrepasser ce délai en retirant les États-Unis de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Créée en 1994 par les Nations unies, elle est à l’origine du protocole de Kyoto de 1997 et organise chaque année, depuis 1995, des conférences internationales sur le changement climatique, dont la COP21 qui s’est déroulée à Paris. Les États-Unis se désengageraient alors de toutes les décisions prises dans ce cadre.

Les États-Unis lutteront-ils tout de même contre le réchauffement climatique ?

Après l’annonce de Donald Trump, les gouverneurs démocrates des États de Californie, de New York et de Washington ont déclaré qu’ils poursuivraient les efforts engagés par les États-Unis dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat et annoncé la création d’une alliance pour le climat. Plusieurs maires ont aussi promis de poursuivre cet objectif, comme ceux de New York et de Pittsburgh, ville citée par Donald Trump pour justifier sa décision. Des entreprises ont exprimé à leur tour leurs craintes. Elon Musk, fondateur et dirigeant du constructeur de voitures électriques Tesla, a annoncé qu’il quittait son rôle de conseiller du président. Le patron de General Electric, Jeff Immelt, a appelé l’industrie à « montrer l’exemple » et à « ne pas être dépendante du gouvernement ».